Le gouvernement espagnol a confirmé que le navire de croisière MV Hondius, touché par une contamination au hantavirus, accostera sur l’île de Tenerife, aux Canaries, entre le 10 et le 11 mai. Cette annonce, faite le 8 mai, suscite de vives inquiétudes parmi les habitants de l’île, qui expriment leur mécontentement face à cette décision.
EN BREF
- Le MV Hondius accostera à Tenerife malgré les inquiétudes locales.
- Des grèves portuaires ont été déclenchées en opposition au débarquement.
- La population craint une nouvelle vague de contamination après le Covid-19.
Les autorités régionales des Canaries ont justifié ce choix en raison des conditions météorologiques, qui représentent selon elles « la seule fenêtre possible » pour effectuer l’évacuation. Cependant, cette explication ne semble pas apaiser les craintes des habitants. Maria, une résidente, exprime son incompréhension : « Nous ne sommes pas en colère contre les passagers qui sont sur le bateau. Mais ce que nous ne comprenons pas, c’est pourquoi il faut qu’ils viennent à Tenerife ? »
Malgré les assurances de l’Organisation mondiale de la Santé, qui estime que le risque de propagation du hantavirus à grande échelle est « absolument faible », la population locale demeure sceptique. Oscar, un travailleur portuaire, déclare : « Nous ne voulons pas travailler dans un port qui pourrait être infecté. Nous n’avons aucune information, ni du gouvernement ni de personne. »
La méfiance est exacerbée par les répercussions de la pandémie de Covid-19, qui a laissé des séquelles psychologiques chez de nombreux habitants. Thierry Goubert, un Français propriétaire d’un restaurant, souligne que les Canariens vivent dans la crainte d’une nouvelle crise sanitaire. « C’est le même phénomène que lorsqu’il y a une tempête. On n’est pas habitué… Les Canariens ont peur que le Covid revienne,” confie-t-il.
Les professionnels du tourisme, déjà fragilisés par la crise liée à la pandémie, redoutent également les conséquences de cette situation sur la fréquentation des touristes. Ben, un restaurateur, indique que les clients s’interrogent sur la sécurité de leur venue : « J’ai des clients qui m’ont demandé ‘Est-ce que ça vaut le coup de venir?' »
Ce débarquement sera suivi de près, tant par les autorités que par la population, qui espère obtenir des informations claires sur les mesures de sécurité mises en place. En attendant, l’inquiétude et le mécontentement continuent de croître sur l’île, illustrant la défiance face à cette nouvelle menace sanitaire.