Interruption du concert de Barbara Butch à Grenoble par des militants pro-Palestine

Le concert de la DJ Barbara Butch, qui devait se tenir à Grenoble le samedi 18 juillet, a été interrompu après une intervention inattendue de militants pro-Palestine. L’événement, organisé dans le cadre du festival « Cabaret Frappé », a pris une tournure politique inattendue lorsque près d’une centaine de manifestants, brandissant des drapeaux palestiniens et des pancartes, ont commencé à scander « Free Palestine » devant la scène.

EN BREF

  • Le concert de Barbara Butch a été stoppé par des militants pro-Palestine à Grenoble.
  • Les manifestants critiquent son soutien à la loi Yadan sur l’antisémitisme.
  • Des personnalités politiques ont exprimé leur indignation face à cette interruption.

Cette manifestation faisait suite à un appel au boycott de l’artiste, soutenu par la section grenobloise de la France Insoumise. Les militants reprochent à Barbara Butch, de confession juive, d’avoir soutenu le projet de loi Yadan, qui visait à lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme. Bien que cette proposition ait été retirée par le gouvernement en avril dernier, elle continue à susciter des réactions vives.

En mars dernier, Barbara Butch avait signé une tribune dans le journal Le Point en faveur de cette loi, ce qui lui a valu des critiques. Des figures conservatrices telles qu’Élisabeth Badinter et Manuel Valls avaient également apporté leur soutien au texte. Face à ces critiques, la DJ avait tenté de clarifier sa position sur ses réseaux sociaux, affirmant son opposition au gouvernement israélien tout en soulignant l’importance de lutter contre l’antisémitisme en France.

Malgré ces explications, les militants présents ce samedi soir semblaient déterminés à faire entendre leur voix. Après seulement vingt minutes de concert, l’adjoint à la culture de la Ville de Grenoble a annoncé l’interruption de l’événement. Les manifestants, bien que pacifiques au départ, avaient commencé à recouvrir la musique et quelques projectiles ont été lancés sur scène.

Barbara Butch n’a pas encore réagi publiquement à l’arrêt forcé de son concert. Cependant, Allan Brunon, le président du groupe France Insoumise au conseil municipal de Grenoble, a exprimé sa satisfaction en déclarant que « jamais nous ne nous tairons face au génocide à Gaza et à ceux qui soutiennent des lois pour faire taire les militants palestiniens ». Cette déclaration souligne la tension croissante autour du sujet en France.

Après l’interruption, Brunon a également ajouté que ce n’était pas tant Barbara Butch qui était censurée, mais plutôt toutes les personnes qui luttent contre la situation à Gaza. Le groupe LFI local avait d’ailleurs annoncé son intention de perturber le concert, bien que l’adjoint à la culture ait choisi de maintenir la programmation, invoquant la liberté de création.

Dans un communiqué, l’association « Retour de Scène », responsable de la programmation du festival, a exprimé sa compréhension des réactions suscitées par la présence de l’artiste, tout en affirmant que déprogrammer sur la base d’opinions serait un acte délicat, transformant les organisations culturelles en arbitres idéologiques.

Cette interruption a également suscité des réactions parmi les personnalités politiques. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a condamné fermement l’incident, tandis que la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a appelé à l’ouverture d’une enquête, dénonçant le fait qu’une artiste soit exposée à des menaces en raison de sa confession ou de ses opinions.

La situation à Grenoble illustre les tensions croissantes en France autour des questions liées à la Palestine et à l’antisémitisme, et soulève des questions sur la liberté d’expression dans le contexte culturel.