Les atrocités de la guerre continuent d’être documentées par l’ONU, qui vient de publier sa liste annuelle des groupes étatiques et non étatiques suspectés de violences sexuelles. Cette année, les forces de sécurité israéliennes et russes figurent sur cette liste, en raison d’accusations graves, notamment celles émanant de prisonniers.
EN BREF
- Israël et la Russie ajoutés à la liste noire de l’ONU pour violences sexuelles en conflit.
- Des rapports documentent des abus sexuels en Ukraine et dans les territoires palestiniens.
- Les deux pays rejettent les accusations et dénoncent un manque d’accès pour les enquêtes.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait auparavant mis en garde ces deux pays quant à un éventuel ajout à cette liste. Malgré cela, les incidents de violences sexuelles continuent d’être rapportés dans le contexte de la guerre en Ukraine et des conflits en Palestine. Des inspecteurs de l’ONU se heurtent à un refus d’accès persistant de la part des autorités israéliennes et russes.
Les accusations portées contre Israël
Le rapport indique que, depuis 2025, des caractéristiques de violences sexuelles contre les Palestiniens ont été enregistrées, en particulier dans les centres de détention israéliens. Bien que l’ONU ait documenté plusieurs cas de violences sexuelles, y compris des actes de torture, ces informations ne sont pas considérées comme exhaustives en raison du refus d’accès aux installations israéliennes. Les abus signalés concernent un large éventail de violences, allant du viol collectif à la nudité forcée.
Israël a réagi avec indignation à cette décision, qualifiant la mesure de « honteuse et absurde ». L’ambassadeur israélien à l’ONU, Danny Danon, a déclaré que les relations d’Israël avec le bureau de Guterres seraient gelées jusqu’à la fin de son mandat en décembre 2026. Il a également rejeté les allégations de refus d’accès, affirmant que les représentants de l’ONU avaient été invités à enquêter mais avaient choisi de ne pas se rendre en Israël.
Les violences sexuelles en Russie
Du côté de la Russie, le rapport met en lumière l’usage de violences sexuelles par ses forces armées dans les territoires ukrainiens occupés. Les témoignages de prisonniers de guerre libérés révèlent des cas troublants de viols, de mutilations génitales et d’autres abus. Environ 310 cas ont été documentés depuis le début de l’invasion en 2022 jusqu’en 2025, la majorité touchant des hommes.
Bien que l’Ukraine ne soit pas sur la liste noire de l’ONU, elle fait l’objet de critiques pour des abus commis par ses propres forces de sécurité, notamment contre des prisonniers de guerre. Cependant, le rapport souligne que le gouvernement ukrainien a pris des mesures pour renforcer la législation concernant les violences sexuelles et coopère avec l’ONU pour les enquêtes.
Une tendance alarmante
Le rapport annuel de l’ONU indique une hausse marquée des violences sexuelles liées aux conflits en 2025 par rapport à l’année précédente. Cette augmentation est caractérisée par une brutalité extrême, ciblant principalement les femmes et les filles. Les deux pays, Israël et Russie, figurent également sur d’autres listes de l’ONU, notamment celle concernant les violences contre les enfants dans les conflits, ce qui souligne l’ampleur des violations des droits humains dans ces contextes.
La communauté internationale est donc confrontée à un défi majeur : comment garantir la protection des droits humains dans des situations de conflit, alors que les rapports d’abus continuent d’affluer et que les enquêtes sont souvent entravées par des refus d’accès ? Les mois à venir seront cruciaux pour observer l’évolution de ces situations et les réponses qui seront apportées par les instances internationales.