La pratique de regarder son téléphone en marchant, devenue courante dans de nombreuses villes, pourrait bientôt être passible d’une amende en Italie. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une réforme plus large du code de la route, portée par le ministre des Transports. Elle vise à sanctionner ces piétons souvent désignés comme des « zombies » numériques, qui traversent les rues sans prêter attention à leur environnement.
EN BREF
- Une amende de 75€ pourrait être appliquée aux piétons utilisant leur téléphone en traversant.
- Des réactions variées émergent quant à l’impact de cette mesure sur la vie urbaine.
- D’autres pays européens, comme la Lituanie, ont déjà mis en place des sanctions similaires.
Selon le projet, les contrevenants risqueraient de devoir payer 75 euros s’ils sont surpris en train d’utiliser leur téléphone ou d’autres appareils électroniques, tels que des tablettes ou des ordinateurs portables, au moment de traverser la route. Cette mesure suscite de vives réactions, notamment parmi les usagers de la route et les piétons eux-mêmes.
Joëlle Dago-Serry, auto-entrepreneure, a exprimé son désaccord lors d’une émission sur RMC, affirmant : « Je ne considère pas être un danger public lorsque je marche en regardant mon téléphone. » Elle défend l’idée que l’espace public doit être prioritairement sécurisé pour les piétons et que les automobilistes ont également une responsabilité à cet égard.
De son côté, l’avocat Charles Consigny a souligné que cette amende pourrait constituer un obstacle supplémentaire à la vie en milieu urbain. Il a déclaré : « Nous faisons déjà face à une surveillance généralisée en ville, et cette nouvelle mesure ne fait qu’aggraver la situation. » Cette réflexion met en lumière les craintes d’un contrôle excessif des comportements des citoyens dans l’espace public.
Les témoignages des usagers de la route illustrent également les dangers liés à l’usage du téléphone en marchant. Alain Marschall a partagé son expérience d’avoir été verbalisé alors qu’il tentait de régler son stationnement via une application, soulignant l’absurdité de la situation. « Je n’étais pas distrait par la route, mais par la nécessité d’effectuer un paiement. » Ce type de situation renforce le sentiment que les piétons sont souvent injustement ciblés.
Olivier Truchot, également sur RMC, a relaté un incident où il a failli heurter un jeune piéton distrait par son téléphone, en traversant sans faire attention aux feux de circulation. « Les piétons doivent prendre conscience de leur fragilité, » a-t-il déclaré, mettant en avant l’importance de la vigilance de tous les usagers de la route.
Les débats autour de cette réforme mettent en exergue une question plus large : est-il justifié de sanctionner les piétons, alors que d’autres comportements, comme l’utilisation du téléphone au volant, restent souvent impunis ? Nicolas, un automobiliste de Charente-Maritime, a souligné que les conducteurs distraits par leur portable représentent un danger beaucoup plus important que les piétons. « Il est plus dangereux de conduire avec un objet de deux tonnes dans les mains que de marcher en consultant son téléphone, » a-t-il affirmé.
D’un point de vue législatif, si l’Italie adopte cette loi, elle ne sera pas la première à sanctionner les piétons distraits. En Lituanie, des amendes similaires existent déjà, reflétant une tendance croissante en Europe à réglementer l’usage des appareils électroniques dans les espaces publics.
Cette question de la sécurité routière et de l’usage des nouvelles technologies dans l’espace public soulève des enjeux complexes, mêlant responsabilités individuelles et règles collectives. La mise en œuvre de cette réforme italienne pourrait donc s’avérer révélatrice des tensions entre les différents usagers de la route et des attentes sociétales en matière de sécurité.