Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a provoqué une nouvelle controverse ce dimanche 30 août. Lors d’une visite à des détenues palestiniennes, il a exprimé sa satisfaction face aux conditions de détention de ces prisonniers, qu’il a qualifiées de « strict minimum ». Cette déclaration intervient dans un contexte politique tendu, à moins de deux mois des élections législatives en Israël.
EN BREF
- Itamar Ben Gvir se dit « fier » des conditions de détention des prisonniers palestiniens.
- Une vidéo montre une détenue décrivant des conditions « extrêmement mauvaises ».
- Les déclarations du ministre suscitent des condamnations internationales.
Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, une femme voilée, dont le visage est flouté, témoigne des mauvaises conditions de vie des prisonnières. Elle déclare : « Nous ne nous sommes pas lavées depuis trois jours et nous n’avons pas changé de sous-vêtements ». Cette femme, identifiée par son mari comme Yasmine Shaaban, a été arrêtée par les forces israéliennes en mai 2025, après avoir été libérée quelques mois plus tôt dans le cadre d’un cessez-le-feu à Gaza.
Itamar Ben Gvir a comparé les conditions de détention des prisonniers palestiniens à celles des otages israéliens, enlevés pendant près de deux ans par le Hamas et d’autres groupes armés. Il a déclaré : « Nos otages n’avaient pas de shampoing et n’avaient pas de telles conditions. Je suis fier que nous ayons réussi à ramener les conditions de détention des terroristes au strict minimum. Les colonies de vacances dans les prisons, c’est terminé ». Ces propos, typiques du ministre d’extrême droite, sont souvent accompagnés d’actions provocatrices.
Plus tôt cette année, il avait été filmé en train de narguer des militants étrangers, qui avaient été contraints de s’agenouiller, les mains menottées, lors d’une opération contre une flottille qui tentait de briser le blocus de Gaza. Certains de ces militants ont rapporté des violences physiques, y compris des agressions sexuelles, ce qu’Israël a démenti.
Les déclarations de Ben Gvir ont suscité des réactions globales. La Commission des affaires des détenus de l’Autorité palestinienne a dénoncé sa « brutalité, haine et racisme ». Le ministère des Prisonniers de Gaza, sous l’autorité du Hamas, a qualifié la vidéo de Ben Gvir de « reflet des profondeurs de la déchéance dans laquelle le régime d’occupation est tombé ».
Alors que la coalition dirigée par Benjamin Netanyahu fait face à des difficultés selon certains sondages, Ben Gvir a rejeté les appels du Premier ministre à renforcer les chances de la droite sortante en s’alliant avec un autre ministre d’extrême droite. Cette situation contribue à une atmosphère politique tendue, à l’approche des élections prévues pour le 27 octobre.
Le débat autour des conditions de détention des prisonniers palestiniens reste un sujet sensible en Israël et suscite des tensions au sein de la communauté internationale. Les déclarations de Ben Gvir, qui continue de faire polémique, illustrent les fractures profondes qui traversent la société israélienne.