Ce lundi, l’archevêque de Lille, Laurent Le Boulc’h, a exprimé des excuses au nom de l’Église face aux accusations graves portées contre Jacques Delfosse, un ancien prêtre accusé de viols sur mineurs. Cette déclaration a suivi une rencontre avec des victimes qui a mis en lumière le « silence » de l’Église sur ces abus.
EN BREF
- L’archevêque de Lille a présenté des excuses au nom de l’Église aux victimes de Jacques Delfosse.
- Quatre victimes ont été rencontrées pour discuter des abus subis durant des décennies.
- Le parquet de Lille a ouvert une enquête judiciaire sur les violences sexuelles impliquant sept victimes.
Monseigneur Le Boulc’h a déclaré sa désolation et a dénoncé le scandale des abus perpétrés par Jacques Delfosse, qui a exercé son ministère entre 1964 et 2000. Dans un communiqué publié par le diocèse, il a affirmé : « Je demande pardon, au nom de l’Église diocésaine, à toutes les personnes victimes ». Cette rencontre s’inscrit dans une démarche de réparation et de reconnaissance des souffrances endurées par les victimes.
Sylvain Brouwer, l’une des victimes présentes lors de cette rencontre, a exprimé un certain soulagement. Il a mentionné qu’il était « apaisé » par la reconnaissance des problèmes de la part de l’Église, tout en dénonçant l’absence d’explications concernant les mutations répétées du prêtre. « Trop de laxisme » a été observé dans la gestion de ces affaires dans l’institution, a-t-il ajouté.
Lors de cette rencontre, l’archevêque a également reconnu des « défaillances de l’institution » et a appelé toute victime potentielle à se manifester pour déposer plainte. Ce message de soutien vise à encourager d’autres victimes à sortir du silence et à chercher justice.
Le parquet de Lille a récemment ouvert une information judiciaire visant Jacques Delfosse, se concentrant sur des violences sexuelles, y compris des viols sur mineurs, concernant sept victimes. Au total, 26 personnes avaient déposé plainte, mais seulement sept de ces affaires sont actuellement non prescrites, ce qui soulève des questions sur la gestion des abus au sein de l’Église.
En 2007, Jacques Delfosse avait déjà été condamné à cinq ans de prison, dont six mois ferme, pour avoir violé deux adolescentes de moins de 15 ans lorsqu’il était aumônier à Roubaix. L’enquête qui avait suivi avait permis d’identifier 37 victimes, mais seules deux affaires étaient non prescrites à ce moment-là.
Monseigneur Le Boulc’h a promis d’appuyer la demande de rencontre entre les victimes et le pape, même si cette rencontre ne pourra pas se tenir lors de la visite de Léon XIV en France cet automne. Sylvain Brouwer a souligné l’importance de recevoir des excuses officielles du pape pour le mal causé et le silence qui a perduré pendant des années.
Les mots de l’archevêque et l’engagement à favoriser la parole des victimes pourraient marquer un tournant dans la manière dont l’Église catholique aborde ces questions sensibles. La reconnaissance des abus et des souffrances des victimes est un pas nécessaire vers une réconciliation et une prévention future.