Plus d’un mois après la découverte tragique du corps de Lyhanna, une collégienne de 11 ans, dans un silo agricole dans le Gers, l’affaire prend une tournure inquiétante. Jérôme Barella, le principal suspect, va comparaître devant le juge d’instruction ce mercredi 15 juillet 2026, pour sa mise en examen pour le viol et le meurtre de la fillette.
EN BREF
- Jérôme Barella, suspect principal dans l’affaire Lyhanna, va comparaître devant le juge.
- Lors de sa première garde à vue, il a affirmé avoir eu une journée normale avec la jeune fille.
- Des zones d’ombre demeurent concernant les circonstances de la disparition de Lyhanna.
Lors de son premier interrogatoire, le 1er juin, Jérôme Barella n’était pas encore considéré comme suspect. À ce moment-là, le corps de Lyhanna n’avait pas encore été retrouvé, et il était entendu dans le cadre d’une affaire d’enlèvement et de séquestration. L’homme de 41 ans a partagé des détails troublants sur sa relation avec la jeune fille, des révélations qui prennent un sens différent à la lumière des événements récents.
Au cours de cet interrogatoire, Barella a décrit sa routine quotidienne. Il a expliqué : “C’est presque tous les matins comme ça. Les filles arrivent, elles discutent un peu avec ma fille et moi.” Il a ajouté que Lyhanna se confiait souvent à lui lorsqu’elle rencontrait des problèmes avec ses parents. “Je lui paie régulièrement des choses à Intermarché pour goûter notamment, devant le collège. J’ai toujours fait ça. Les autres parents ne le font pas,” a-t-il déclaré, soulignant sa proximité avec les jeunes filles.
Le suspect a également évoqué les circonstances de la rencontre avec Lyhanna le jour de sa disparition. D’après lui, elle lui aurait demandé de venir la chercher à la sortie de son collège à Fleurance pour acheter un cadeau pour la fête des Mères. “Elle avait l’air joyeuse et parlait beaucoup plus que d’habitude. De la fête des Mères et des affaires de la piscine,” a-t-il précisé. Ces affirmations soulèvent des questions sur la dynamique entre Barella et la jeune fille.
Interrogé sur ce qu’il pensait être arrivé à Lyhanna, il a suggéré la possibilité d’une fugue. “Je ne sais pas, peut-être qu’elle a fugué. Je sais qu’elle s’était fait engueuler par ses parents, elle s’était fait confisquer son téléphone, elle avait déjà parlé de fuguer,” a-t-il déclaré, tout en ajoutant : “J’espère qu’il ne lui est rien arrivé.” Cette déclaration, à la fois vague et pleine d’ambiguïtés, laisse perplexe les enquêteurs.
Jérôme Barella a également été questionné sur des plaintes antérieures pour viols sur mineures, dont il fait l’objet. Concernant une plainte déposée à l’été 2025 par une jeune fille de 11 ans, il a affirmé : “Même les gendarmes pensaient que c’était faux. C’était la mère qui racontait. (Elle) avait 6 ou 7 ans. Je ne me rappelle plus. J’ai été auditionné. L’affaire avait été abandonnée.” Cette déclaration soulève des doutes quant à la crédibilité de Barella.
Les résultats de l’autopsie de Lyhanna ont confirmé qu’elle avait été victime d’un viol, mais n’ont pas permis d’établir “avec certitude” les causes de son décès, comme l’a rapporté le parquet d’Agen. Bien qu’une perquisition ait été menée au domicile de Jérôme Barella début juillet, de nombreuses zones d’ombre demeurent concernant les événements qui ont conduit à la tragique disparition de la fillette.
Alors que l’enquête se poursuit, les révélations de Jérôme Barella continuent de susciter l’inquiétude et la colère au sein de la communauté. À mesure que les détails émergent, l’angoisse des proches de Lyhanna et de l’opinion publique grandit, espérant des réponses à ce drame insupportable.