Jérôme Guedj défend TotalEnergies tout en appelant à une taxation des superprofits

La question de la taxation des superprofits de TotalEnergies est au cœur des débats politiques ces jours-ci. Alors que des députés du Parti socialiste (PS) plaident pour cette mesure, Jérôme Guedj, député socialiste, se positionne avec nuance. Ce jeudi, lors de son intervention dans l’émission Les Grandes Gueules sur RMC Story, il a exprimé son soutien à TotalEnergies tout en reconnaissant la nécessité d’une taxation.

EN BREF

  • Jérôme Guedj plaide pour une taxation des superprofits de TotalEnergies.
  • Il exprime sa fierté envers l’entreprise tout en appelant à une responsabilité économique.
  • Une taxe pourrait générer 2 milliards d’euros pour l’État, selon le PS.

Ce débat survient alors que TotalEnergies a récemment annoncé des bénéfices record, atteignant 5,8 milliards de dollars (soit près de 4,96 milliards d’euros), ce qui représente une augmentation de 51% par rapport à l’année précédente. Ce résultat exceptionnel est en grande partie attribuable à la flambée des prix des hydrocarbures, exacerbée par le conflit au Moyen-Orient. Guedj, tout en plaidant pour la taxation, a insisté sur le fait que cet impôt ne devrait pas être un outil de punition, mais plutôt un moyen de soutenir ceux qui en ont le plus besoin.

« L’idée est de dégager des ressources pour les finances publiques, mais pas pour les mettre dans la poche de l’État », a-t-il déclaré, ajoutant que les mesures actuelles ne touchent pas suffisamment la majorité des Français. Pour Guedj, il est impératif d’engager un « patriotisme économique » avec TotalEnergies, qu’il considère comme une grande entreprise française. « On ne peut pas vouloir des grandes entreprises françaises et les traiter comme des profiteurs de guerre », a-t-il affirmé.

Le député a également souligné la nécessité d’une collaboration entre l’État et le secteur privé pour sortir de cette crise énergétique. « Si l’État réduit les taxes, il sera plus facile de demander un effort à Total et aux autres acteurs du marché », a-t-il avancé. Ce plaidoyer pour une union sacrée entre la puissance publique et les entreprises privées vise à garantir un soutien au pouvoir d’achat des Français.

Malgré son soutien à TotalEnergies, Guedj a également reconnu que le groupe pétrolier pourrait faire davantage concernant le plafonnement des prix des carburants, actuellement fixés à 1,99 €/L pour l’essence et 2,25 €/L pour le diesel. Il a précisé que cette problématique ne concerne pas uniquement Total, mais aussi les autres acteurs de la distribution d’essence.

En contradiction avec son appel à la taxation, Guedj a exprimé des doutes quant à la mise en œuvre d’une telle mesure. « Il faut être tout à fait honnête, même si le texte que nous avons préparé tient la route, sa mise en œuvre est très complexe », a-t-il déclaré. Il s’interroge également sur la nature des bénéfices à taxer : ceux réalisés en France ou à l’échelle mondiale ? Cette question soulève des enjeux juridiques et pratiques non négligeables.

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a également évoqué la question des profits exceptionnels de TotalEnergies, appelant l’entreprise à redistribuer d’une manière ou d’une autre ses gains. Dans le même temps, des voix critiques, comme celle de l’avocat Charles Consigny, estiment que la position nuancée de Guedj pourrait ne pas suffire à convaincre une entreprise d’une telle envergure. Consigny a mis en garde contre la brutalité des pratiques commerciales de Total, soulignant que l’entreprise est avant tout axée sur la rentabilité.

Ce débat met en lumière les tensions entre la nécessité de soutenir les plus vulnérables et la réalité des entreprises qui doivent faire face à un environnement économique compétitif et souvent impitoyable. Guedj, en tant que candidat à la présidentielle, navigue ainsi entre la défense des intérêts nationaux et les attentes croissantes des électeurs face à la montée des prix.