Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), se trouve au centre d’une tempête politique après des révélations de Mediapart concernant des écrits antisémites datant de 2013, alors qu’il était encore un jeune militant. Ce scandale relance les suspicions de traîtrise au sein d’un parti déjà en proie à des rivalités internes, à l’approche des élections présidentielles de 2027.
EN BREF
- Jordan Bardella dément des accusations d’antisémitisme de Mediapart.
- Des tensions internes au RN ravivées par ces révélations.
- Marion Maréchal et Nolwenn Olivier réagissent aux accusations.
Selon le site d’investigation, les accusations reposent sur des échanges privés datant de l’été 2013, où Bardella aurait tenu des propos jugés antisémites, notamment en affirmant que « toutes les banques sont détenues par des Juifs. » Ces messages, qui s’inscrivent dans une logique complotiste, soulèvent des inquiétudes au sein d’un parti qui se veut protecteur des citoyens juifs. Bardella, pour sa part, déclare que ces écrits sont des « faux grossiers » et a saisi la justice pour diffamation.
La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a qualifié ces propos d’« immense gravité », tandis que le président du Crif, Yonathan Arfi, a dénoncé un démenti cinglant à la stratégie de dédiabolisation du RN. La réponse de Bardella a été de dénoncer une « opération de barbouzerie » visant à le déstabiliser politiquement. Son avocat, Me David Dassa-Le Deist, évoque la possibilité que des anciens cadres du RN, écartés récemment, soient à l’origine de ces accusations.
Ce climat de méfiance rappelle un précédent : en 2022, l’eurodéputé Nicolas Bay avait été suspendu pour avoir potentiellement divulgué des informations stratégiques à un concurrent politique. À l’époque, Marine Le Pen n’avait pas hésité à évoquer une « stratégie de la limace », soulignant l’idée que des querelles internes pouvaient avoir des conséquences néfastes pour le parti.
Dans ce contexte tendu, le soutien inattendu de Marion Maréchal à Bardella a fait sensation. Sur BFMTV, elle a déclaré « ne pas y croire une seconde » à ces accusations, réaffirmant sa confiance en lui et transformant cette affaire en un terrain de rivalité entre les factions du RN. Maréchal, désormais proche d’une droite radicale, semble vouloir marquer une distance avec les accusations, tout en solidifiant ses propres bases.
Une autre figure intrigante dans cette affaire est Nolwenn Olivier, fille de Marie-Caroline Le Pen, qui a été nommée chargée de la communication de campagne de Marine Le Pen. Bien qu’active dans la stratégie numérique du parti, aucune implication directe dans ces révélations ne lui est attribuée. Toutefois, sa proximité avec Bardella, qui a été son compagnon, ajoute une couche de complexité à cette situation déjà délicate.
Alors que le RN navigue dans ces eaux troubles, les ramifications de cette affaire pourraient bien avoir des conséquences durables sur la dynamique interne du parti. Les accusations d’antisémitisme, si elles s’avèrent vraies, pourraient non seulement ternir l’image de Bardella, mais également celle d’un parti qui tente de se présenter comme un acteur sérieux sur la scène politique française.
Dans un moment où les tensions internes sont exacerbées, la capacité du RN à gérer ces crises sera cruciale pour son avenir, à l’approche d’une élection présidentielle qui s’annonce déjà très disputée.