La famille Hamidi exige des réponses après la mort de Salah aux urgences

Le 24 janvier 2024, Salah Hamidi, âgé de 49 ans, est retrouvé mort dans sa voiture après avoir été pris en charge par les services d’urgence de l’hôpital d’Etampes, en Essonne. Ce tragique événement a plongé sa famille dans la colère et l’incompréhension, suscitant une bataille judiciaire pour obtenir justice. La prise en charge initiale de Salah a été qualifiée de « parfaite » par les autorités médicales, mais les circonstances entourant son décès soulèvent de nombreuses interrogations.

EN BREF

  • Salah Hamidi est décédé après avoir quitté l’hôpital où il avait été pris en charge.
  • La famille Hamidi conteste le classement sans suite de l’affaire par le procureur.
  • Une nouvelle plainte a été déposée pour obtenir des réponses judiciaires.

Les faits ont débuté dans la matinée du 24 janvier, lorsque Salah Hamidi ressent des douleurs thoraciques sévères et des difficultés respiratoires. Il contacte les pompiers depuis sa voiture stationnée près du commissariat d’Etampes, qui l’emmènent à l’hôpital. À 5h26, il est examiné par un médecin urgentiste qui, malgré des signes cliniques alarmants évoquant un infarctus, ne pose pas ce diagnostic. À 8h10, il quitte l’hôpital à pied, muni d’une ordonnance et d’un conseil de consulter un cardiologue.

Durant la journée, Salah Hamidi continue à se sentir mal. Il informe une collègue qu’il ne viendra pas travailler et appelle son frère jumeau pour le retrouver à la pharmacie. Malheureusement, il ne quittera jamais le parking de l’hôpital. Son téléphone ne répond plus après 9h23, et c’est sa sœur, Karima, qui le retrouve quelques heures plus tard dans sa voiture, déjà décédé. Malgré des tentatives de réanimation, il est déclaré mort à 12h55.

La famille, dévastée par ce tragique événement, cherche des réponses. Après avoir contacté l’Agence régionale de santé (ARS), ils reçoivent un courrier confirmant des anomalies dans l’interprétation de l’électrocardiogramme, une erreur pour laquelle l’hôpital reconnaît sa responsabilité. Ce geste, bien que rare, n’apaise pas la colère de la famille, qui s’estime lésée par la suite des événements.

Karima Hamidi refuse de répondre à plusieurs tentatives de contact de l’hôpital, souhaitant éviter toute justification qui pourrait sembler indécente après la perte de son frère. Selon son avocat, Jean-Christophe Coubris, ce manque de communication témoigne de la souffrance persistante de la famille. Il rappelle que le cœur du problème réside dans l’analyse erronée effectuée par l’urgentiste.

La famille a déposé une plainte le 25 janvier 2024, mais plus d’un an plus tard, ils apprennent que le procureur a classé l’affaire sans suite. Ce dernier justifie sa décision en affirmant que les témoignages et les examens cliniques indiquaient que Salah se portait bien à sa sortie de l’hôpital. Cette conclusion, alors même qu’une erreur a été reconnue, suscite une grande incompréhension au sein de la famille.

Les interrogations demeurent quant à la manière dont l’enquête a été menée. La famille, avec l’aide de leur avocat, a décidé de déposer une nouvelle plainte avec constitution de partie civile, en juillet 2026, afin de relancer les investigations. Karima Hamidi espère que cette démarche permettra d’obtenir des réponses et, surtout, que ceux qui sont jugés responsables de la mort de son frère soient tenus pour responsables.

« Cela concerne tout le monde, pas seulement nous. C’est une question d’incompétence », déclare-t-elle avec émotion. Salah Hamidi, qui travaillait pour Veolia depuis plus de vingt ans, n’a même pas reçu d’arrêt de travail après sa sortie de l’hôpital. L’avocat souligne la gravité de la situation en évoquant les conséquences potentielles si Salah avait conduit son véhicule dans un état de détresse.

La lutte de la famille Hamidi pour la vérité continue, illustrant les défis auxquels sont confrontées de nombreuses familles dans des situations similaires. La quête de justice, dans ce cas précis, soulève des questions fondamentales sur la responsabilité médicale et le traitement des patients au sein du système de santé.