Le syndicat de police Alliance a annoncé, ce mercredi, qu’il a déposé une plainte contre l’État pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Cette démarche fait suite aux conditions jugées préoccupantes des interventions des forces de l’ordre depuis le début du mouvement lycéen, amorcé à la mi-septembre. Alliance dénonce des « injonctions contradictoires » et des consignes jugées floues, qui mettraient en péril la sécurité des policiers sur le terrain.
EN BREF
- Alliance dépose plainte contre l’État pour mise en danger de la vie d’autrui.
- 937 policiers blessés depuis le début de la mobilisation, selon le Premier ministre.
- 36 enquêtes ouvertes sur les interventions des forces de l’ordre lors des manifestations.
Dans un communiqué, le syndicat critique le décalage entre les déclarations du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et les instructions émises par la hiérarchie policière. Il souligne que, sur le terrain, la situation est très différente : « des policiers esseulés, trahis, abandonnés, exposés à la violence et livrés à la vindicte », déclare Alliance, qui appelle à une clarification des chaînes de commandement et à l’identification des responsables des consignes contestées.
Cette annonce intervient peu après que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a révélé au Sénat que 937 policiers et gendarmes avaient été blessés depuis le début des mobilisations, dont 40 lors de la seule journée de mardi. Aucune information n’a été fournie concernant la gravité de ces blessures ou les circonstances de leur survenue.
La controverse se concentre également sur l’utilisation des lanceurs de balles de défense (LBD). Lors d’une audition parlementaire, Laurent Nuñez a été informé qu’un préfet avait suspendu leur usage sur son territoire. Selon l’entourage du ministre, aucune instruction nationale n’avait été donnée à cet égard. Un rappel à l’ordre a été effectué, et les directives ministérielles ont été réaffirmées auprès des responsables policiers.
Alliance souhaite désormais obtenir des réponses concernant les responsabilités au sein de l’administration. Le syndicat pose plusieurs questions essentielles : « Qui donne les ordres ? Qui transmet les consignes ? Qui assume les contradictions ? Et surtout, qui prendra en charge les conséquences lorsqu’un drame surviendra dans nos rangs ? » Le dépôt de la plainte est actuellement en cours, selon des sources proches.
Parallèlement, les interventions des forces de l’ordre lors des manifestations lycéennes font également l’objet d’investigations. En tout, 36 enquêtes ont été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) après des opérations au cours desquelles plusieurs jeunes ont été blessés, parfois gravement. La gestion du maintien de l’ordre est donc au cœur des critiques depuis le début des mobilisations.
Cette situation pose des questions cruciales sur la sécurité des forces de l’ordre et sur la manière dont les instructions sont transmises et exécutées dans un contexte de tension croissante. Les semaines à venir pourraient être déterminantes pour clarifier la chaîne de commandement au sein des forces de police et garantir la sécurité de tous, tant des policiers que des manifestants.