La France prête à utiliser des hubs pour renvoyer des migrants en situation irrégulière

Le débat autour de la gestion de l’immigration en Europe prend une tournure décisive. Le « règlement retour », actuellement en discussion au sein de l’Union européenne, pourrait permettre aux États membres d’expulser les migrants en situation irrégulière via des « hubs » établis en dehors des frontières de l’UE. Ce texte, qui a été adopté à une large majorité au Parlement européen en mars dernier, entre désormais dans sa phase finale.

EN BREF

  • Le « règlement retour » permettrait d’expulser les migrants via des hubs hors de l’UE.
  • La France soutient cette initiative, soulignant sa nécessité pour mieux gérer l’immigration.
  • Des négociations sont encore en cours pour finaliser l’application de ce règlement.

Lors d’une intervention sur RMC, le ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, a exprimé le soutien de la France pour ce texte. Il a affirmé que le pays ne se privera pas de recourir à ces dispositions, y compris l’utilisation des hubs. « C’est la France qui a demandé ce règlement retour », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que cela marque un tournant dans la gestion migratoire européenne, loin de la « naïveté » qui aurait pu caractériser les politiques précédentes.

Le ministre a également souligné que des ajustements aux législations nationales seront nécessaires pour intégrer ce règlement, un processus qui pourrait prendre du temps. Toutefois, il se veut optimiste quant à la possibilité d’un accord rapide : « J’ai bon espoir que nous aboutirons à un compromis dans les tous prochains jours », a-t-il ajouté.

Actuellement, seulement 20 % des obligations de quitter le territoire français (OQTF) se traduisent par des expulsions effectives. À ce sujet, Benjamin Haddad a déclaré qu’il n’y a « pas de tabou » concernant l’utilisation des hubs. Il a rappelé que la France et l’Italie n’avaient jusqu’à présent pas réussi à obtenir de résultats significatifs dans ce domaine. « Il ne faut rien s’interdire quand on veut faire respecter notre droit et lutter contre l’immigration irrégulière », a-t-il affirmé avec conviction.

Cette position de la France s’inscrit dans un contexte plus large où la gestion des flux migratoires est au cœur des préoccupations des gouvernements européens. Les discussions autour du règlement retour pourraient ainsi redéfinir les stratégies d’expulsion au sein de l’UE, en permettant une coopération plus étroite entre les États membres.

À l’approche de l’adoption de ce texte, les enjeux politiques et sociaux sont nombreux. Les répercussions sur les droits des migrants, ainsi que sur les relations entre les États membres de l’UE, sont des questions cruciales qui devront être prises en compte. La France, par son engagement, semble vouloir jouer un rôle de leader dans cette nouvelle approche migratoire.