La ville d’Itxassou, située dans le Pays basque français, se retrouve au cœur d’une controverse après l’annonce, ce mardi, de l’effacement d’une fresque rendant hommage à Txomin Olhagaray, un militant séparatiste basque. Ce dernier, membre de l’organisation armée Iparretarrak, est mort en posant une bombe il y a quarante-six ans. La décision a été suscitée par une demande du préfet des Pyrénées-Atlantiques, Simon Fetet, qui a signalé le caractère problématique de cette œuvre d’art à la justice.
EN BREF
- La mairie d’Itxassou effacera une fresque hommage à un séparatiste basque.
- Cette décision fait suite à une demande du préfet des Pyrénées-Atlantiques.
- Des manifestations sont prévues contre l’effacement de l’œuvre.
La fresque, inaugurée le 23 août dernier à l’occasion des fêtes du village, a été décrite par le préfet comme célébrant un attentat aux « évidentes intentions meurtrières ». Dans le communiqué du préfet, il est précisé que l’œuvre se devait d’être retirée afin de respecter le principe de neutralité des équipements publics. Un message en basque, qui accompagne l’image de Txomin Olhagaray, évoque une promesse d’un « pays libre », ce qui a davantage enflammé le débat autour de cette fresque.
Les élus municipaux d’Itxassou ont exprimé leur surprise face à l’ampleur de la situation. Dans un communiqué, ils ont révélé qu’ils avaient engagé des démarches pour procéder à l’effacement de la fresque, tout en soulignant que celle-ci visait simplement à « saluer l’engagement » de Txomin Olhagaray pour la défense de leur terre et de leur langue. Ils ont également rappelé leur mobilisation en faveur de la paix dans la région.
En réponse à cette décision, l’association Goooxoan, à l’origine de la fresque, a annoncé une conférence de presse pour ce mercredi et a prévu d’organiser une manifestation ce samedi pour protester contre l’effacement. Ce groupe considère que l’œuvre ne glorifie pas la violence, mais honore l’histoire et la culture basque.
Il est intéressant de noter que l’ancien chef d’Iparretarrak, Philippe Bidart, avait inauguré une fresque similaire à Saint-Étienne-de-Baïgorry en avril 2025, rendant hommage à plusieurs membres de son organisation, dont Txomin Olhagaray. D’autres œuvres en hommage à des militants d’Iparretarrak et de l’organisation séparatiste basque ETA sont également visibles dans des villes comme Bayonne, témoignant de la complexité des mémoires en jeu.
Cette situation soulève des questions sur la manière dont la mémoire des événements violents du passé est traitée dans l’espace public. Les divisions entre différents points de vue sur les acteurs de ces événements, qu’ils soient considérés comme des héros ou des terroristes, reflètent des tensions persistantes dans la société basque.
À l’heure où de nombreuses voix s’élèvent pour défendre la culture basque, le débat autour de cette fresque met en lumière les enjeux liés à la mémoire collective et à la réconciliation dans un territoire marqué par des décennies de conflits armés. Alors que la mairie s’apprête à effacer cette œuvre, la réaction de la population locale et des associations pourrait bien redéfinir les contours de la mémoire et de l’identité basque.