Hypertension artérielle : 17 millions de Français concernés, comment se dépister ?

L’hypertension artérielle est aujourd’hui l’une des maladies chroniques les plus répandues en France. Cette affection, caractérisée par une pression sanguine trop élevée sur les parois des artères, peut évoluer silencieusement, sans symptômes apparents. Ainsi, de nombreuses personnes peuvent se sentir en pleine forme tout en étant affectées par cette condition.

EN BREF

  • 17 millions de Français souffrent d’hypertension, dont 6 millions l’ignorent.
  • 93 % des patients hésitent à suivre un traitement antihypertenseur.
  • Une gestion adéquate peut réduire de 40 % le risque d’AVC.

Selon des données fournies par l’Assurance Maladie, près de 400 000 hospitalisations et 55 000 décès étaient attribuables à l’hypertension en 2021. Cette maladie devient également plus fréquente avec l’âge, touchant environ un adulte sur quatre entre 45 et 54 ans. Il est d’autant plus crucial de prendre conscience de cette situation, car l’hypertension peut rester inaperçue durant de nombreuses années.

Lorsque l’hypertension est diagnostiquée, il est essentiel de la prendre en charge efficacement. Toutefois, il a été observé que 93 % des patients ressentent des réticences à l’idée de suivre un traitement antihypertenseur. En conséquence, seulement un quart des personnes hypertendues parviennent à maîtriser leur tension artérielle. Ignorer cette condition peut entraîner des complications graves telles que des AVC ou des infarctus. À l’inverse, une gestion appropriée de l’hypertension peut réduire de 40 % le risque d’AVC et de 25 % celui d’infarctus.

Les femmes, souvent perçues comme étant moins exposées à ce risque en raison de leurs hormones, ne sont pas pour autant épargnées. Leur vulnérabilité peut augmenter à certains moments de leur vie, notamment lors de la prise de contraceptifs inappropriés, durant la grossesse ou à partir de la ménopause. Après 50 ans, leur risque d’hypertension rejoint celui des hommes, et il tend même à le dépasser après 70 ans. L’Assurance Maladie rappelle que les maladies cardiovasculaires causent cinq fois plus de décès chez les femmes que le cancer du sein.

Le docteur Catherine Grenier, médecin conseil national de l’Assurance Maladie, souligne que le diagnostic d’une hypertension peut également révéler d’autres facteurs de risque. Les personnes hypertendues présentent souvent des taux de diabète ou de cholestérol élevés. En cas de détection d’hypertension, il est conseillé de contrôler la glycémie et de réaliser un bilan lipidique. Cela signifie que la mesure de la tension artérielle n’est pas seulement une question de chiffres, mais aussi une opportunité de réaliser un point global sur sa santé cardiovasculaire.

Dans le cadre d’une campagne de sensibilisation, l’Assurance Maladie cherche à faire de la mesure de la tension un réflexe quotidien. Lors d’un suivi médical, il peut être demandé de mesurer la tension à domicile. Cette méthode permet de limiter le phénomène de l’« effet blouse blanche », où le stress de la consultation entraîne une élévation temporaire de la pression artérielle. Elle aide également à détecter des cas d’hypertension moins visibles en cabinet médical.

Pour garantir des mesures fiables, il est conseillé de s’installer confortablement, assis, les pieds à plat sur le sol, le bras reposant sur une table à hauteur du cœur. La méthode recommandée pour une auto-mesure efficace est simple : il suffit de retenir la “règle des 3” : 3 mesures le matin, 3 mesures le soir, pendant 3 jours consécutifs. Cette approche permet d’obtenir une évaluation plus précise de la tension artérielle. D’après l’Assurance Maladie, 70 % des patients voient leur hypertension confirmée grâce à ce suivi à domicile.

Il est important de noter qu’une hypertension ne se limite pas à la prise de médicaments. Sa gestion doit également inclure des changements dans le mode de vie, adaptés aux besoins de chaque patient en consultation avec un professionnel de santé. Le suivi régulier de la tension artérielle est primordial pour évaluer l’efficacité du traitement et ajuster les conseils en fonction de l’évolution de chaque situation.