La sécheresse persistante et les températures extrêmes affectent gravement les récoltes de maïs en Europe, particulièrement en Hongrie et en France. Ces pays, historiquement producteurs majeurs, se dirigent vers une situation d’importation nette de maïs, marquant un tournant sans précédent dans leur agriculture.
EN BREF
- La Hongrie devrait devenir importatrice nette de maïs d’ici 2026.
- Les récoltes de maïs en France chutent de 26,7 % par rapport à 2025.
- Des mesures d’adaptation à la sécheresse sont prévues par le gouvernement français.
Ce tournant historique pour l’agriculture hongroise est le résultat de conditions climatiques de plus en plus difficiles. La Hongrie, qui faisait partie des principaux producteurs de maïs de l’Union européenne, se retrouve aujourd’hui à devoir importer ce produit vital. Le ministre hongrois de l’Agriculture a décrit cette situation comme « sans précédent », avec des pertes touchant presque toutes les filières agricoles. Cette année, la production de maïs dans l’Union européenne devrait tomber à 50,1 millions de tonnes, un chiffre alarmant qui représente une baisse de 20 % par rapport aux moyennes récentes.
Les conséquences de cette crise sont multiples. Une grande partie du maïs cultivé en Europe est destinée à l’alimentation animale, notamment pour nourrir les bovins, les porcs et les volailles. La diminution des récoltes force les éleveurs à se tourner vers d’autres sources d’approvisionnement, souvent coûteuses, ce qui impacte directement leur rentabilité.
À plus de 1 500 kilomètres de là, en France, la situation est tout aussi préoccupante. Romain Deroué, éleveur de vaches laitières dans le Loiret, souligne qu’il n’a pu récolter aucun maïs cette année. Il a dû acheter du maïs à un voisin disposant d’un système d’irrigation, ce qui a considérablement pesé sur les marges de son exploitation. Les prévisions annoncent également une production de maïs grain en France à son plus bas niveau depuis 1980, avec une estimation à neuf millions de tonnes.
Parallèlement, la production de maïs fourrager devrait reculer de 26,7 % par rapport à l’année précédente. Les prairies, essentielles pour l’alimentation animale, ont également souffert, avec une pousse cumulée inférieure de 30 % à la moyenne de référence fin juillet.
Les impacts économiques commencent à se faire sentir. Selon des estimations, les sécheresses de l’été 2026 pourraient coûter jusqu’à 0,1 point de croissance à la France, principalement en raison de leurs effets sur l’agriculture. La valeur ajoutée du secteur agricole pourrait ainsi reculer d’environ 8 % cette année.
Face à cette crise, la question de l’adaptation de l’agriculture se pose de manière pressante. En Hongrie, certains agriculteurs abandonnent le maïs au profit de cultures plus résistantes, comme le tournesol. En France, des producteurs expérimentent des variétés de maïs plus adaptées à la chaleur et modifient leurs cycles de culture. L’irrigation est également un sujet central, bien qu’elle ne constitue une solution que si l’eau reste accessible.
Le gouvernement français s’engage à renforcer les moyens dédiés à cette adaptation. Sébastien Lecornu a annoncé que le budget pour 2027 inclura des mesures visant à soutenir les investissements dans les infrastructures hydrauliques, ainsi que des aides d’urgence pour les exploitations les plus touchées par la sécheresse.
Ce basculement des récoltes de maïs en Europe soulève des interrogations cruciales sur l’avenir de l’agriculture face aux changements climatiques. Quels seront les produits cultivés en Europe demain, et quels impacts cela aura-t-il sur la sécurité alimentaire du continent ? Ces questions restent en suspens alors que la situation continue d’évoluer.