À l’approche de la reprise des compétitions de football amateur, la situation des terrains suscite de vives inquiétudes. Avec près d’une centaine de départements touchés par des mesures de restriction d’eau en raison de la sécheresse, les clubs font face à des conditions d’entraînement et de jeu particulièrement difficiles.
EN BREF
- Près de 100 départements confrontés à des restrictions d’eau affectant les terrains de sport.
- Les présidents de clubs alertent sur l’état dégradé des pelouses avant la reprise.
- Le développement des terrains synthétiques reste insuffisant face aux besoins actuels.
En Meurthe-et-Moselle, Didier Pillons, président du club de Custines Malleloy, exprime son désarroi face à l’état de son terrain : « C’est de la paille, il n’y a plus d’herbe. C’est dur comme tout, c’est sec. C’est une catastrophe », a-t-il déclaré au micro de RMC. La reprise des entraînements a déjà eu lieu le 21 juillet, mais le manque d’eau entrave l’entretien des pelouses. Il explique : « Il n’y a aucune solution. Ça fait quinze jours que je n’arrose plus. Parce que monsieur le maire m’a dit qu’il fallait arrêter. » Cette décision est compréhensible, car l’eau utilisée pour les terrains est également destinée à la consommation humaine. Pillons conclut avec une note d’inquiétude : « Je ne sais pas comment on va reprendre. Dès qu’on va reprendre, les petites pousses qui sont dans la terre vont être arrachées. »
La situation n’est pas unique à Meurthe-et-Moselle. En Loire-Atlantique, Philippe Lesage, président du District, constate que les terrains sont dans un état similaire. Bien que le département bénéficie d’environ 142 à 143 terrains synthétiques, résultat d’une politique de développement de ces surfaces engagée il y a quinze ans, cela ne suffit pas. Les premiers matchs de la Coupe de France, prévus pour le week-end du 22-23 août, ne pourront se jouer que sur 20 % des terrains synthétiques disponibles. Pour pallier ce manque, le District prévoit de permettre des inversions de rencontres lorsque cela est possible, permettant à un club disposant d’une pelouse synthétique d’accueillir un match initialement prévu chez un autre club.
La difficulté à gérer la sécheresse est accentuée par le fait qu’elle ne se résout pas comme les intempéries hivernales. Philippe Lesage souligne : « Les pluies sont plus faciles à gérer que la sécheresse. » En effet, après des pluies abondantes, les terrains peuvent redevenir praticables, mais l’herbe ne repousse pas rapidement. « L’herbe ne va pas repousser en quatre jours, en huit jours, ce n’est pas possible », précise-t-il. Cette situation augure d’un début de saison particulièrement difficile pour les clubs.
Pour ceux qui ne disposent pas de terrains synthétiques, la solution est financièrement inaccessibles. Didier Pillons évalue le coût d’un tel équipement à environ un million d’euros, un montant que son club, dépendant de deux petites communes, ne peut envisager. « On a beau avoir deux mairies, avec une somme comme ça, c’est impossible », a-t-il déclaré. Une aide extérieure, comme celle d’un mécène, pourrait offrir une lueur d’espoir, mais le coût demeure un obstacle majeur. « Le maire m’a déjà dit, c’est trop cher, » ajoute-t-il, soulignant la réalité économique à laquelle font face de nombreux clubs.
En parallèle, il est essentiel de rappeler qu’un terrain synthétique n’est pas une solution définitive. « Ce n’est pas à vie. En moyenne, ça dure 15 ans. Et après, il faut refaire des travaux, » conclut Didier Pillons, témoignant des défis à long terme auxquels font face les clubs de football amateur en France.