Ce vendredi 22 mai, Laëtitia R. a pris la parole devant la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence à Digne-les-Bains pour raconter les sept années de souffrances infligées par son ex-compagnon, Guillaume B. Ce dernier, ancien directeur d’agence bancaire âgé de 51 ans, est jugé pour des faits graves tels que les viols aggravés, les actes de torture et de barbarie, ainsi que le proxénétisme. La réclusion criminelle à perpétuité a été requise par l’avocate générale.
EN BREF
- Laëtitia R. témoigne de sept années de violence et de prostitution forcée.
- Guillaume B. est jugé pour viols aggravés et torture, encourant la réclusion à perpétuité.
- Une amie a alerté la police en 2022, mettant fin à cette emprise.
Laëtitia R., aujourd’hui mère de famille de 42 ans, a relaté la manière dont son compagnon a progressivement exercé une emprise psychologique sur elle. Leur rencontre en 2015 a marqué le début d’une relation marquée par la violence. Au départ, il lui a proposé d’explorer le sadomasochisme, mais cela a rapidement dégénéré en pratiques abusives et humiliante. Elle a décrit des scènes de violences physiques, telles que des coups de poing et des étranglements, lorsqu’elle osait refuser ses demandes.
Le témoignage de Laëtitia a révélé des détails particulièrement choquants, notamment le moment où elle a été contrainte à la prostitution. « Petit à petit, il a insisté pour que je couche avec d’autres hommes », raconte-t-elle. Ce basculement vers la prostitution forcée a été marqué par un Noël 2015, où elle a cédé à une demande de son compagnon de se rendre sur une aire d’autoroute pour « s’offrir à des inconnus ». Elle a ensuite été contrainte de dresser une liste des hommes avec qui elle a eu des relations, un total de 487, certains ayant été vus jusqu’à dix fois.
Laëtitia a également partagé ses sentiments de désespoir et de dévalorisation. « J’avais l’impression de mourir à l’intérieur à chaque pratique imposée », a-t-elle déclaré en larmes. Elle a exprimé son besoin désespéré de plaire à son compagnon dans l’espoir d’être moins maltraitée. Ses mots résonnent avec une douleur palpable : « Si je le fais, peut-être qu’il me frappera moins ». Cette dynamique de peur et de contrôle a été corroborée par plusieurs témoins qui ont attesté de la manière dont Guillaume B. dirigeait chaque aspect de la vie de Laëtitia, allant jusqu’à lui demander la permission pour des gestes simples comme manger ou aller aux toilettes.
Guillaume B., quant à lui, a reconnu avoir été « omniprésent » dans la vie de Laëtitia, tout en niant être un « monstre ». Il a tenté de justifier ses actions en se cachant derrière le concept de consentement dans le cadre du sadomasochisme, ce qui a suscité la colère de Laëtitia. « Qu’il arrête de se cacher derrière le sadomasochisme », a-t-elle lancé avec force à la barre. Selon elle, les actes qu’il lui a imposés ne relèvent pas du consentement, mais de violences pures et dures.
Laëtitia a également évoqué sa peur constante des représailles, craignant que des enregistrements intimes puissent être divulgués si elle tentait de fuir la relation. Ce climat de terreur a perduré jusqu’à ce qu’une amie prenne le courage d’alerter la police en 2022, permettant ainsi d’arrêter Guillaume B. et de mettre un terme à cette relation destructrice.
Le procès, qui a débuté le 18 mai, met en lumière des enjeux cruciaux concernant la violence conjugale et l’emprise psychologique. La voix de Laëtitia, forte malgré son vécu traumatisant, résonne comme un appel à la prise de conscience et à la lutte contre de telles violences.