Lait de vache, brebis ou chèvre : quel choix privilégier pour une meilleure santé ?

La consommation de lait de vache continue de décliner, alors que d’autres alternatives, comme le lait de brebis et de chèvre, émergent sur le marché. Ce phénomène, accentué par une prise de conscience croissante des bienfaits et inconvénients de chaque type de lait, suscite de nombreuses interrogations. Marc Thuau, diététicien-nutritionniste, nous éclaire sur le sujet.

EN BREF

  • La consommation de lait de vache diminue, tandis que les alternatives gagnent en popularité.
  • Le lait de brebis est plus nutritif mais aussi plus gras que le lait de vache.
  • Le lait de chèvre est souvent mieux toléré par les personnes sensibles au lactose.

Une tendance en déclin

Depuis le début des années 2000, la consommation de lait de vache connaît une baisse significative, avec une diminution de 16% des ventes entre 2020 et 2025, selon FranceAgriMer. Les consommateurs évoquent fréquemment des difficultés de digestion comme l’une des principales raisons de ce recul.

Les laits de brebis et de chèvre, perçus comme des alternatives plus saines, ont fait leur apparition dans les rayons à la fin des années 2010. Cependant, leur succès a été temporaire, freiné par des prix plus élevés et l’inflation alimentaire observée en 2022 et 2023. Pour relancer l’intérêt, les fabricants proposent désormais des produits dérivés sous forme de laits fermentés ou protéinés.

Les atouts du lait de vache

Le lait de vache est reconnu pour ses nombreux bienfaits nutritionnels. Selon Marc Thuau, un bol de 25 cl fournit près d’un tiers de l’apport quotidien recommandé en calcium pour un adulte. En plus de sa richesse en calcium, il est une excellente source de protéines, d’iode et de vitamines B (B2, B5, B9, B12).

Sa teneur en lipides est relativement modérée, oscillant entre 1,5% pour le lait demi-écrémé et 3,5% pour le lait entier. Toutefois, une grande partie de ces lipides se compose de graisses saturées, qu’il est préférable de consommer avec modération pour prévenir les risques de cholestérol LDL élevé.

Le lactose, un sucre présent dans le lait, peut causer des désagréments digestifs chez certaines personnes, en particulier avec l’âge, lorsque la production de lactase diminue. Il est donc conseillé de consommer du lait avec modération, tout en favorisant des produits comme les yaourts, qui contiennent des ferments facilitant la digestion du lactose.

Les particularités du lait de brebis

Le lait de brebis se distingue par sa composition nutritionnelle, offrant 65% de calcium, de protéines et d’acides aminés essentiels en plus par rapport au lait de vache. Il contient également entre 50 et 100% de vitamines B2, B9 et B12. Cependant, il est plus calorique et gras, avec une teneur de 7% en lipides pour le lait entier.

Ce lait est recommandé pour les personnes âgées ou malades ayant un faible appétit, mais doit être consommé avec précaution par ceux souffrant de surpoids ou d’hypercholestérolémie. La version demi-écrémée peut présenter des risques en raison de l’ajout de phosphates, potentiellement nocifs pour la santé cardiovasculaire.

Le lait de chèvre : une alternative plus digeste

Le lait de chèvre possède une composition proche de celle du lait de vache, mais est souvent perçu comme plus digeste. Cela s’explique par la structure de ses matières grasses, qui sont des globules plus petits, facilitant leur évacuation par l’estomac. De plus, il contient des acides gras à chaîne courte ou moyenne, qui ne contribuent pas à la formation de cholestérol LDL.

Les yaourts à base de lait de chèvre ou de brebis se distinguent également par leur teneur en matières grasses, pouvant atteindre jusqu’à 10 g par pot pour le lait entier, tandis que ceux à base de lait partiellement écrémé en contiennent moins. Les produits allégés en matières grasses, tels que les skyrs, se révèlent intéressants pour les sportifs ou ceux en quête de perte de poids, tout en restant digestes grâce à leurs ferments.

Les kéfirs de lait, qu’ils soient de vache, de chèvre ou de brebis, apportent des micro-organismes bénéfiques pour le microbiote intestinal, contribuant à une meilleure digestion et un bon transit. En somme, le choix entre ces différents types de lait dépendra de votre tolérance individuelle et de vos besoins nutritionnels.