L’Anses préconise de reconnaître le cancer de la peau comme maladie professionnelle

Le lien entre l’exposition aux rayons ultraviolets (UV) au travail et le développement du cancer de la peau est désormais clairement établi. Ce jeudi 15 octobre, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a publié une expertise qui plaide en faveur de la reconnaissance du cancer de la peau comme une maladie professionnelle. Une mesure qui pourrait impacter des millions de travailleurs exposés aux UV dans leur environnement professionnel.

EN BREF

  • Le cancer de la peau pourrait être reconnu comme maladie professionnelle par l’Anses.
  • Environ 3,5 millions de Français travaillent à l’extérieur et sont exposés aux UV.
  • Des mesures préventives sont nécessaires pour réduire le risque de cancer.

Cette initiative de l’Anses touche une large variété de professions, notamment les agriculteurs, les ouvriers du bâtiment et les jardiniers, qui sont souvent soumis à des conditions d’exposition prolongée au soleil. On estime qu’environ 3,5 millions de Français travaillent en extérieur, ce qui les rend plus susceptibles de développer des pathologies liées aux UV, y compris le cancer de la peau.

Il est important de noter qu’il existe également des sources d’UV artificiels sur les lieux de travail, comme lors des opérations de soudage à l’arc. Le risque de cancer n’est donc pas uniquement associé à un travail en extérieur, mais dépend aussi de la nature de l’activité exercée. Pierre Cesarini, directeur délégué de l’association Sécurité solaire, souligne l’importance de cette publication de l’Anses. Selon lui, bien que la reconnaissance du cancer de la peau comme maladie professionnelle soit possible, elle reste extrêmement rare et se fait au cas par cas. Entre 2013 et 2024, seulement 52 cancers de la peau ont été admis comme tels, un chiffre que l’Anses considère largement sous-estimé.

Actuellement, obtenir la reconnaissance d’un cancer de la peau lié à une exposition professionnelle aux UV est un processus complexe. Si la maladie et les conditions d’exposition respectent les critères établis, le lien avec le travail pourrait être présumé, évitant ainsi aux travailleurs de devoir le démontrer individuellement. Cette simplification pourrait faciliter l’indemnisation des travailleurs concernés.

Les rayons ultraviolets, qu’ils soient naturels ou artificiels, peuvent endommager l’ADN des cellules cutanées, entraînant des mutations qui peuvent évoluer en cancer. Les UVB sont souvent associés aux coups de soleil, tandis que les UVA pénètrent plus profondément dans la peau et contribuent au vieillissement cutané. Les deux types de rayons peuvent favoriser l’apparition de cancers cutanés.

Il est également crucial de comprendre que l’apparition d’un cancer de la peau ne se limite pas au mélanome. D’autres formes, comme les carcinomes, sont beaucoup plus fréquentes et peuvent se développer sur des zones du corps régulièrement exposées au soleil. Il est donc essentiel d’adopter une approche proactive en matière de prévention.

Prévention et protection

Pour réduire l’exposition au soleil, il est conseillé d’organiser le travail de manière à éviter les heures les plus ensoleillées, de prévoir des zones d’ombre et d’adapter les postes de travail. La responsabilité de la prévention incombe également aux employeurs.

Les travailleurs doivent également se protéger en portant des vêtements appropriés, tels que des manches longues, des couvre-chefs et des lunettes filtrant les UV. L’application de crème solaire est un complément nécessaire, en veillant à choisir un indice de protection de 50 qui protège à la fois contre les UVA et les UVB. Il est recommandé de renouveler l’application toutes les deux heures et après toute activité entraînant une transpiration importante.

Enfin, il est conseillé aux travailleurs de consulter un médecin en cas de plaie qui ne cicatrise pas, de lésion qui grossit ou de grain de beauté qui change. Il est également primordial de mentionner à son médecin l’exposition au soleil dans le cadre professionnel, car cela constitue un élément clé dans le diagnostic et la prise en charge.

La reconnaissance du cancer de la peau comme maladie professionnelle pourrait ainsi marquer un tournant significatif dans la protection des travailleurs exposés aux UV, permettant une meilleure prévention et une prise en charge adaptée des personnes concernées.