Ce mercredi 30 juillet 2026, l’Arcom, l’autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, a annoncé une mesure significative dans sa lutte contre l’accès non contrôlé à la pornographie par les mineurs. En effet, 31 sites pornographiques seront bientôt bloqués pour non-respect des obligations légales relatives au contrôle d’âge.
EN BREF
- 31 sites pornographiques non conformes au contrôle d’âge vont être bloqués.
- 26 d’entre eux font déjà l’objet de demandes de blocage national et européen.
- La loi SREN impose aux fournisseurs d’accès de bloquer ces sites sous 48 heures.
Cette initiative vise à protéger les jeunes internautes, en particulier les mineurs, qui, selon une étude de l’Arcom, sont chaque mois plus de la moitié des garçons âgés de 12 ans à consulter des contenus pornographiques. En vertu de la loi SREN adoptée en mai 2024, il est désormais requis que les sites X mettent en place un système de contrôle d’âge efficace, permettant de vérifier l’âge des utilisateurs tout en garantissant le respect de leur vie privée.
Dès février 2025, 35 sites parmi les plus fréquentés par les jeunes en France avaient commencé à appliquer cette mesure, se conformant ainsi aux exigences de l’Arcom. Cependant, le groupe Aylo, qui regroupe des plateformes telles que Pornhub et YouPorn, a décidé de ne plus proposer de contenus pour adultes, arguant que ces mesures seraient inefficaces et mettraient en danger la vie privée des utilisateurs.
Malgré ces avancées, la situation demeure préoccupante. L’Arcom intensifie donc ses efforts en ciblant 31 nouveaux sites qui continuent de violer la loi. Parmi ceux-ci, 26 font actuellement l’objet d’une demande de blocage, tandis que les cinq autres bénéficient d’un court délai avant une éventuelle mise en demeure.
Une action sans précédent pour la protection des mineurs
Cette opération, la plus vaste entreprise par l’Arcom pour protéger les mineurs, s’inscrit dans un cadre législatif français et européen. La loi SREN confère aux fournisseurs d’accès Internet une obligation de bloquer l’accès à ces sites dans un délai de 48 heures après réception d’une demande de l’autorité. Actuellement, 13 des sites visés présentent des contenus douteux voire illégaux, et leurs pays d’hébergement sont souvent inconnus, rendant le contrôle encore plus difficile.
En plus de ces 13 sites, l’Arcom a également engagé une procédure de coopération européenne pour 13 autres sites, relevant de la compétence d’un État membre de l’Union européenne. Leurs contenus laissent à penser qu’ils ne respectent pas les normes de sécurité et de contrôle d’âge nécessaires.
Des résultats encourageants mais des questions demeurent
Les actions de l’Arcom portent déjà leurs fruits, comme l’indiquent les données d’audience de Médiamétrie Netratings, qui montrent une diminution d’un tiers du temps passé par les mineurs sur des sites pornographiques depuis le début de l’intervention de l’autorité. Toutefois, des inquiétudes persistent quant à la possibilité que ces jeunes se tournent vers des sites moins régulés et potentiellement plus dangereux.
Alors que l’Arcom poursuit son action pour prévenir le détournement vers d’autres plateformes non ciblées, la question de la régulation des contenus sur les réseaux sociaux tels que X (anciennement Twitter) ou Reddit demeure en suspens. L’autorité n’a pas encore apporté de réponse concernant ce sujet délicat.
La lutte contre la pornographie en ligne et la protection des jeunes internautes est un enjeu complexe qui nécessite une vigilance constante, tant de la part des autorités que des acteurs du numérique.