Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a réaffirmé ce lundi 2 novembre 2026 son soutien à l’utilisation des grenades et des gaz lacrymogènes lors des manifestations. Selon lui, ces moyens sont essentiels pour assurer la protection des forces de l’ordre. Ses déclarations interviennent dans un contexte où plusieurs députés lui ont demandé de renoncer à ces outils, suite aux graves blessures subies par des lycéens lors des récentes mobilisations.
EN BREF
- Laurent Nuñez refuse de renoncer aux grenades et gaz lacrymogènes.
- Des députés ont critiqué l’utilisation de ces moyens après des blessures de manifestants.
- Le ministre sera auditionné par la commission des Lois sur sa gestion du maintien de l’ordre.
Lors d’une audition sur le budget 2027 de son ministère devant la commission des Lois de l’Assemblée nationale, Laurent Nuñez a été interpellé par plusieurs élus, notamment la députée de La France insoumise (LFI), Gabrielle Cathala. Cette dernière a dénoncé ce qu’elle qualifie de « répression » policière, en évoquant les blessures de certains lycéens. En réponse, le ministre a affirmé :
« La répression, elle n’existe pas. Nous, on est là pour éviter les troubles à l’ordre public. »
Nuñez a également précisé qu’il se félicitait lorsque les manifestations se déroulent sans recourir à la force. « Moi, j’interviens quand il y a des violences et uniquement dans ce cas-là », a-t-il déclaré, en faisant référence à des incidents où des manifestants ont endommagé des biens et agressé les forces de l’ordre.
Les déclarations du ministre sont intervenues alors que des inquiétudes émergent concernant les effets des gaz lacrymogènes sur la santé des manifestants, notamment des femmes. Interrogé à ce sujet, Laurent Nuñez a affirmé ne pas avoir connaissance de tels effets, en se basant sur des études réalisées en 2021-2022 qui, selon lui, n’ont pas établi de conséquences négatives.
« Je ne suspendrai pas par principe de précaution l’utilisation du gaz lacrymogène »
, a-t-il ajouté.
Les forces de l’ordre ont largement recours au gaz lacrymogène en réponse aux violences qui ont marqué la dernière journée de mobilisation contre le coût de la vie. Ce jour-là, des dégradations et des actes de pillage ont été signalés à un niveau sans précédent.
Le ministre sera de nouveau auditionné ce mardi 3 novembre 2026 par la commission des Lois dans le cadre d’une enquête sur sa gestion des opérations de maintien de l’ordre le 17 octobre dernier, date à laquelle de nombreux affrontements avaient eu lieu.
Alors que la tension reste palpable entre les forces de l’ordre et les manifestants, la question de l’usage des moyens de répression continue de diviser. Les événements récents soulignent la nécessité d’un débat public sur les méthodes de maintien de l’ordre et la protection des droits des manifestants.