Le climat de méfiance s’intensifie au Brésil à la suite d’une récente décision des États-Unis, qui ont classé deux groupes criminels brésiliens comme des organisations terroristes. Cette classification suscite des craintes quant à une possible intervention militaire américaine sur le territoire brésilien, alertant ainsi le gouvernement de Luiz Inácio Lula da Silva.
EN BREF
- Le Brésil redoute une intervention militaire des États-Unis après une classification de groupes criminels.
- Le ministre des Affaires étrangères, Mauro Vieira, a exprimé des préoccupations dans une lettre au Parlement.
- Les tensions entre les deux pays s’accentuent autour des droits de douane et de la sécurité régionale.
Dans une lettre adressée au Parlement, le ministre des Affaires étrangères brésilien, Mauro Vieira, a exprimé une inquiétude croissante face à la possibilité que cette qualification unilatérale des groupes Primeiro Comando da Capital (PCC) et Comando Vermelho (CV) puisse justifier des actions extraterritoriales. « Cette classification pourrait être invoquée pour justifier des actions extraterritoriales contre des institutions brésiliennes », a-t-il averti.
Cette décision américaine ne date pas d’hier. En mai dernier, le gouvernement des États-Unis a désigné le PCC et le CV comme organisations terroristes, affirmant que ces groupes possédaient des réseaux illicites qui s’étendaient bien au-delà des frontières du Brésil. Ces organisations sont principalement impliquées dans le narcotrafic et d’autres activités criminelles au sein des quartiers populaires brésiliens.
Depuis son retour à la Maison-Blanche en 2025, l’administration de Donald Trump a intensifié ses efforts pour désigner des groupes criminels étrangers comme terroristes, en prenant des mesures contre des cartels au Mexique ou des organisations au Venezuela. Ces interventions, souvent critiquées pour leur caractère unilatéral, ont déjà conduit à des opérations militaires au Venezuela, illustrant les craintes de Brasília concernant des frappes similaires sur son sol.
Du côté de l’opposition brésilienne, cette décision a été accueillie avec satisfaction. Les partis de droite accusent le gouvernement de Lula d’un laxisme face à la criminalité, surtout à l’approche des élections présidentielles d’octobre. Ces tensions internes ajoutent une couche de complexité à la relation déjà fragile entre le Brésil et les États-Unis.
Parallèlement, les deux nations se retrouvent également en désaccord sur des questions commerciales. L’administration Trump doit bientôt décider si elle appliquera des surtaxes de 25 % sur plusieurs produits brésiliens, sur la base d’une enquête sur des pratiques commerciales jugées déloyales par Washington. Le gouvernement brésilien a vigoureusement rejeté ces accusations, soulignant le besoin d’une coopération plus équilibrée entre les deux pays.
Alors que la situation évolue, les autorités brésiliennes restent vigilantes. La crainte d’une intervention militaire américaine sur le territoire national est un sujet délicat qui pourrait influencer les relations futures entre le Brésil et les États-Unis. Les événements à venir détermineront si ces tensions se transformeront en une crise réelle ou si un dialogue constructif pourra être établi.