Le cannabis, souvent associé à des grignotages incessants après sa consommation, révèle des aspects étonnants selon de récentes recherches. En effet, plusieurs études indiquent que les consommateurs réguliers de cette plante présentent souvent un poids et un tour de taille inférieurs à la moyenne. Ce constat soulève des questions sur le rôle protecteur potentiel du cannabis contre le surpoids et le diabète. Pour mieux comprendre cette dynamique, une équipe de l’University of California Riverside a mené une étude significative, publiée dans The Journal of Physiology.
EN BREF
- Des chercheurs américains explorent le lien entre cannabis et métabolisme.
- Le THC pur entraîne une perte de poids sans améliorer la glycémie.
- Les extraits de cannabis complets montrent des effets bénéfiques sur la régulation du glucose.
Traditionnellement, le THC (delta-9-tétrahydrocannabinol) était suspecté d’être le principal responsable de cette corrélation entre consommation de cannabis et poids corporel réduit. Cependant, les mécanismes d’action demeuraient flous, et de nombreux scientifiques doutaient de l’implication exclusive de cette seule molécule. L’étude récente a permis d’apporter un éclairage nouveau sur le sujet.
Au cours de cette recherche, les scientifiques ont observé des souris obèses soumises à un régime riche en graisses et en sucres. Ces souris ont été réparties en trois groupes : le premier a reçu du THC pur, le deuxième un extrait de la plante entière contenant la même dose de THC mais aussi d’autres cannabinoïdes, et le troisième a servi de groupe témoin. Les résultats ont révélé que si le THC pur entraînait une perte de poids, il n’améliorait pas la régulation de la glycémie. En revanche, les souris ayant reçu l’extrait complet ont montré une amélioration significative de leur glycémie.
Le Dr Nicholas V. DiPatrizio, l’un des chercheurs impliqués, a déclaré : « Le THC seul n’est pas responsable des bénéfices métaboliques associés à l’usage du cannabis ». Cette affirmation souligne l’importance de considérer l’ensemble des cannabinoïdes présents dans la plante.
Les implications de ces résultats sont considérables, surtout compte tenu de l’alimentation riche en calories qui prévaut dans de nombreux pays occidentaux. Selon l’étude, le THC pur pourrait provoquer une perte de poids, mais sans offrir d’avantages notables sur le contrôle du glucose. Ce sont donc certains extraits de cannabis, contenant des cannabinoïdes comme la tétrahydrocannabivarine ou le cannabigérol, qui semblent jouer un rôle clé dans l’amélioration du métabolisme.
Le métabolisme, qui englobe l’ensemble des réactions permettant de transformer les aliments en énergie et d’ajuster le taux de sucre dans le sang, est souvent déséquilibré chez les personnes en surpoids ou atteintes de diabète de type 2. Les cannabinoïdes interagissent avec divers récepteurs dans le corps, y compris dans le cerveau, le foie et le pancréas, et certains, comme le cannabigérol, participent à la régulation du métabolisme en dehors des voies classiques.
Cette étude ouvre la voie à une meilleure compréhension des effets du cannabis dans la gestion du poids et du métabolisme. Elle suggère la possibilité d’utiliser des extraits de cannabis pour des applications médicales, notamment dans la prévention du diabète ou la réduction du surpoids, sans les effets psychotropes indésirables souvent associés à la consommation de THC pur. Toutefois, il est crucial de noter que ces résultats proviennent d’expériences réalisées sur des animaux, et des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer leur pertinence chez l’humain.
En conclusion, cette recherche met en lumière l’importance de considérer la synergie des cannabinoïdes plutôt que de se focaliser uniquement sur le THC. Si le THC peut contribuer à une perte de poids, il ne semble pas suffisant pour réguler la glycémie, contrairement aux extraits de la plante entière. Ces découvertes pourraient ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques pour le traitement du diabète de type 2 et de l’obésité, mais l’application clinique de ces résultats nécessite des études approfondies et ne doit pas encourager une automédication sans avis médical.