Le cortisol, souvent mal compris, est au cœur des préoccupations liées au stress. Accusé d’être responsable de divers maux tels que la prise de poids ou la fatigue, ce glucocorticoïde est pourtant essentiel à la vie, comme l’explique Marie-Pierre Moisan, neuroendocrinologue et directrice de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). Elle met en lumière la nécessité d’un équilibre dans la production de cette hormone, plutôt que de chercher à la réduire à tout prix.
EN BREF
- Le cortisol est essentiel et doit être maintenu à un niveau équilibré.
- Le stress chronique est la principale cause de dysrégulation du cortisol.
- Améliorer son hygiène de vie peut aider à gérer le stress et équilibrer le cortisol.
Marie-Pierre Moisan souligne que vouloir éliminer le cortisol est une approche erronée. Au contraire, il est crucial de travailler sur le stress chronique, qui entraîne une dysrégulation des niveaux de cortisol. Un score élevé dans un test de stress chronique, basé sur le livre d’Isabelle Filliozat, peut indiquer que vous souffrez de cette condition. Les symptômes incluent fatigue et troubles de la mémoire, et il est important d’adopter des changements dans son mode de vie pour retrouver un taux de cortisol sain.
Les conseils de l’experte incluent des améliorations dans l’hygiène de vie, telles que mieux dormir, adopter une alimentation équilibrée, faire de l’exercice régulièrement et cultiver une vie sociale épanouissante. Ces changements nécessitent du temps et parfois l’accompagnement d’un professionnel de santé.
En matière d’alimentation, la levure de bière est mise en avant. Elle est riche en vitamines B5 et B3, essentielles à la synthèse du cholestérol, à partir duquel le cortisol est produit. En ajoutant cette levure à vos repas, comme dans des yaourts ou des vinaigrettes, vous favorisez une sécrétion saine de cortisol.
Marie-Pierre Moisan compare le rythme biologique du corps à un mécanisme complexe, où chaque élément doit fonctionner en harmonie. Si l’alimentation est décalée par rapport à notre rythme naturel, cela peut perturber la sécrétion du cortisol. Pour éviter cela, elle recommande de privilégier les repas principaux le matin et à midi, en gardant les dîners légers, conformément aux recommandations de l’Anses.
En ce qui concerne les plantes adaptogènes, l’ashwagandha est la seule à avoir montré des résultats probants dans la régulation du cortisol, même si l’Anses a mis en garde contre des effets indésirables potentiels. D’autres plantes comme le ginseng et le curcuma pourraient également être bénéfiques, mais avec moins de certitudes.
La méditation en pleine conscience est également présentée comme un moyen efficace de gérer le stress et de réguler le cortisol. Cette pratique, qui encourage à vivre l’instant présent sans jugement, a démontré des effets positifs sur la réponse au cortisol, notamment chez les personnes souffrant de troubles psychiatriques.
Enfin, la cohérence cardiaque, bien que prometteuse, nécessite encore des études supplémentaires pour établir clairement ses bienfaits. Marie-Pierre Moisan appelle à la prudence face aux exagérations autour de cette pratique.
Il est donc essentiel de bien s’informer et de ne pas se laisser emporter par des idées reçues sur le cortisol. Un équilibre entre une bonne alimentation, une gestion du stress et une hygiène de vie adéquate sont les véritables clés pour maintenir un taux de cortisol sain.