Dans un contexte de crise énergétique exacerbée par le conflit au Moyen-Orient, le Premier ministre Sébastien Lecornu a récemment annoncé la relance du dispositif de leasing social pour les voitures électriques. Cette initiative, qui devrait débuter en juin prochain, vise à rendre l’électromobilité plus accessible à près de 100 000 bénéficiaires en France.
EN BREF
- Relance du leasing social pour 100 000 véhicules électriques en juin 2023.
- Destiné aux « gros rouleurs » et aux ménages modestes.
- Aides à l’achat pouvant atteindre 9 500 euros pour les véhicules électriques.
Le leasing social permet de louer une voiture électrique à un coût réduit, avec des mensualités variant entre 100 et 200 euros sur une période minimum de trois ans. Cette mesure, qui a fait ses preuves lors des deux campagnes précédentes, s’adresse cette fois-ci à deux types de publics précis. Tout d’abord, 50 000 véhicules seront réservés aux « gros rouleurs », un groupe particulièrement impacté par la flambée des prix des carburants. Parmi eux, on trouve des professions essentielles telles que les aides à domicile, les aides-soignantes et les artisans.
Le second public cible concerne les ménages les plus modestes, qui bénéficieront également de cette initiative. Toutefois, comme lors des précédentes éditions, l’attribution des véhicules sera conditionnée par des critères de revenus, qui n’ont pas encore été spécifiés. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a néanmoins indiqué que ceux dont les revenus nets atteignent environ 2 000 euros par mois pourront prétendre à cette aide.
Un des aspects notables de cette nouvelle campagne est le potentiel assouplissement des critères d’attribution. Actuellement, le leasing social impose aux automobilistes de parcourir au moins 8 000 km par an, soit un minimum de 15 kilomètres par jour pour des trajets liés au travail. Cependant, le gouvernement envisage de revoir ces exigences afin d’élargir le dispositif à un plus grand nombre de ménages.
En plus de cette mesure, le plan d’électrification du gouvernement inclut également des aides pour les professionnels utilisant des véhicules utilitaires ou des poids lourds. Selon le Premier ministre, ces aides pourraient atteindre jusqu’à 100 000 euros par véhicule électrique, renforçant ainsi l’incitation à passer à l’électrique.
Par ailleurs, l’exécutif a élargi son approche, non seulement en favorisant la location, mais également l’achat de véhicules électriques. Un soutien financier pouvant atteindre 9 500 euros sera mis en place pour ceux souhaitant acquérir une voiture électrique. Cette stratégie vise à encourager la transition vers des modes de transport plus durables.
Le choix de promouvoir les véhicules électriques s’explique par des considérations économiques. Le Premier ministre a souligné que le coût de 100 kilomètres en véhicule électrique se situe entre 2 et 3 euros, tandis qu’il grimpe à 11 euros avec un véhicule diesel. Cette différence souligne les économies potentielles pour les ménages, un point qui ne peut être ignoré dans le contexte actuel de hausse du coût de la vie.
En outre, Sébastien Lecornu a rappelé que grâce à l’essor de l’industrie nationale de l’électromobilité et aux divers systèmes de bonus, le prix d’achat d’une voiture électrique est désormais comparable à celui d’un véhicule thermique. Ainsi, l’accessibilité à ces nouvelles technologies de transport est en forte augmentation.
Pour conclure, alors que la France n’était pas un acteur majeur de la production de véhicules électriques il y a cinq ans, le gouvernement prévoit un doublement du soutien à l’électrification, avec une enveloppe de 10 milliards d’euros par an d’ici à 2030. L’objectif ambitieux est que « deux voitures neuves sur trois » soient électriques à cette échéance, marquant une étape significative vers une transition énergétique durable.