Le président taïwanais, Lai Ching-te, a débuté samedi une visite officielle inattendue en Eswatini, le seul allié diplomatique de Taipei en Afrique. Ce voyage fait suite à un report antérieur, dû à des pressions exercées par Pékin.
EN BREF
- Le président taïwanais a effectué une visite surprise en Eswatini.
- Ce déplacement avait été reporté en raison de pressions de la Chine.
- L’Eswatini reste le seul pays africain à reconnaître Taïwan.
Initialement prévu du 22 au 26 avril, le voyage de Lai Ching-te avait été repoussé après que les Seychelles, Maurice, et Madagascar ont révoqué leurs autorisations de survol, une décision qualifiée par Taïwan de « pression intense » de la part de Pékin. Dans une déclaration sur Facebook, le président taïwanais a exprimé sa satisfaction d’être enfin arrivé après plusieurs jours de préparatifs.
Lors d’un discours devant les autorités du royaume, il a souligné les 58 années de relations diplomatiques entre Taïwan et l’Eswatini, affirmant que « les 23 millions de Taïwanais ont le droit de s’ouvrir au monde ». Il a également insisté sur le fait qu’aucun pays ne devrait empêcher Taïwan de contribuer au monde.
L’Eswatini, anciennement connu sous le nom de Swaziland, est l’un des douze pays qui reconnaissent encore Taïwan. La Chine, de son côté, a réussi à convaincre d’autres nations de rompre leurs relations avec Taipei pour établir des liens avec Pékin. Dans son message, le président Lai a salué la fermeté de l’Eswatini face à ces pressions diplomatiques et économiques.
Le royaume est devenu le dernier allié africain de Taïwan en 2018, suite à la décision du Burkina Faso de reconnaître la Chine. En réaction à cette visite, le ministère chinois des Affaires étrangères a qualifié le déplacement de Lai d’ »évasion », le présentant comme « la risée de la communauté internationale ».
Deux jours avant l’arrivée de Lai, Thulisile Dladla, le vice-Premier ministre d’Eswatini, s’était rendu à Taïwan, selon des sources locales. Bien que des spéculations aient circulé sur la possibilité que Lai ait voyagé dans le même jet privé que Dladla, aucune confirmation n’a été fournie par l’AFP.
La position de la Chine sur Taïwan est claire : elle considère l’île comme une partie intégrante de son territoire et s’oppose fermement à ses interactions avec d’autres pays. Pékin n’exclut pas l’usage de la force pour reprendre le contrôle de l’île.
Le président taïwanais avait initialement prévu de se rendre en Eswatini pour célébrer le 40e anniversaire de l’accession au trône du roi Mswati III ainsi que son 58e anniversaire. En raison des circonstances, c’est le ministre des Affaires étrangères, Lin Chia-lung, qui avait représenté Taïwan lors des cérémonies en avril.
Au cours de son séjour, Lai Ching-te et le roi Mswati III visiteront un nouveau Centre international de conférence et un hôtel de luxe à proximité de la capitale, tous deux financés en partie par des prêts de Taïwan. L’Eswatini, qui est la dernière monarchie absolue d’Afrique, est dirigée par Mswati III depuis 1986, un roi souvent critiqué pour son train de vie extravagant et ses violations des droits humains.