Le 11 septembre 2026, Léa Salamé, figure emblématique de l’information en France, se remémore un événement tragique qui l’a marquée à jamais. Vingt-cinq ans après les attentats du World Trade Center, la journaliste franco-libanaise sort du silence pour partager son expérience bouleversante vécue alors qu’elle était étudiante à New York.
EN BREF
- Léa Salamé se souvient de sa fuite chaotique lors des attentats du 11 septembre 2001.
- Elle a récemment quitté le journal de 20 heures de France 2 pour des raisons éthiques.
- La journaliste prépare sa rentrée avec son talk-show, tout en portant le poids de son passé.
Ce jour-là, Léa Salamé n’est pas la journaliste reconnue qu’elle est aujourd’hui, mais une jeune femme de vingt et un ans, pleine de rêves, vivant à Manhattan. Ce matin-là, elle se réveille dans son dortoir, ignorant encore l’ampleur de la tragédie qui se déroule à quelques blocs de là. Elle se souvient avoir entendu un bruit assourdissant, qu’elle prend d’abord pour un simple accident, sans savoir qu’il s’agit des premiers impacts des avions sur les tours jumelles.
« J’étais en train de découvrir la ville, je planais, raconte-t-elle. Je ne comprenais pas ce qui se passait. » Son instinct la pousse à sortir, et elle se rend rapidement compte que la réalité est bien plus sombre qu’elle ne l’avait imaginé. En descendant dans la rue pour acheter un pain aux raisins, elle se retrouve soudainement enveloppée dans un nuage de poussière, conséquence de l’effondrement des tours. « C’était comme un tsunami de poussière qui m’a engloutie », se souvient-elle. Ce moment, elle le décrit comme un choc physique et psychologique, « propulsée par terre, éraflée de partout ».
Alors qu’elle tente de fuir, son esprit confond la situation avec son enfance passée au Liban, dans un contexte de guerre. « J’ai couru en pensant qu’on me tirait dessus », confie-t-elle. Cette peur, ancrée en elle, la pousse à se diriger vers le nord de la ville, dans une course frénétique qui semble ne jamais vouloir finir. Pendant près d’une heure, elle court, persuadée qu’elle est la cible d’une menace invisible.
Arrivée à son université, elle retrouve une amie qui ne comprend pas tout de suite l’horreur qu’elle vient de vivre. « Quelles tours, de quoi tu parles ? » lui répond-elle, encore dans la confusion de l’événement. Ce décalage entre son expérience personnelle et les images que le monde entier découvre à travers les écrans de télévision souligne la complexité de sa mémoire de cette journée tragique.
Vingt-cinq ans plus tard, alors qu’elle vient de se retirer du journal de 20 heures de France 2 pour éviter tout conflit d’intérêts durant la campagne présidentielle de son compagnon, Raphaël Glucksmann, Léa Salamé fait face à son passé. Ce retrait, bien que réfléchi, s’inscrit dans une série de choix similaires qu’elle a dû faire au cours de sa carrière. Elle a déjà pris des décisions similaires lors des élections européennes précédentes, se retirant de certaines fonctions pour préserver l’intégrité de son travail journalistique.
Les échos de son expérience du 11 septembre résonnent encore dans sa vie professionnelle. Malgré les difficultés rencontrées, elle s’apprête à retrouver son émission du samedi soir sur France 2, « Quelle époque ! », avec une nouvelle équipe et un nouveau souffle. « Je suis très heureuse d’accueillir Jessé dans notre équipe », a-t-elle annoncé, espérant ainsi apporter une dynamique renouvelée à son programme.
Alors que ce 11 septembre reste gravé dans sa mémoire, Léa Salamé continue de porter le poids de ses souvenirs. Chaque année, la date résonne comme un rappel de ce qu’elle a vécu, un moment où son existence a basculé. Elle choisit de ne pas regarder les images des attentats, préférant garder en mémoire son propre récit, une histoire personnelle marquée par la confusion, la peur et la résilience.
À l’approche de sa nouvelle saison télévisée, elle sait qu’elle doit jongler avec son passé tout en se projetant vers l’avenir. Léa Salamé, désormais une figure respectée du paysage médiatique français, ne perd jamais de vue d’où elle vient et ce qu’elle a traversé. Son parcours, fait de succès et de défis, est le reflet d’une femme qui a su se relever, malgré les ombres de son histoire.