Les collectivités locales voient leur situation financière s’améliorer, malgré des disparités persistantes

Le rapport annuel de la Cour des comptes présente un bilan optimiste de la situation financière des collectivités locales, qui semble s’améliorer après deux années difficiles. En effet, après une période de dégradation qui a débuté en 2023, les finances des collectivités ont commencé à redresser leur solde en 2025. Toutefois, cette amélioration est marquée par des disparités notables entre les différentes collectivités.

EN BREF

  • Les collectivités locales bénéficient d’une reprise grâce au marché immobilier.
  • Des disparités financières subsistent entre les communes et les départements.
  • Une réduction du déficit est prévue pour 2026, mais des incertitudes persistent.

Un des principaux moteurs de cette amélioration est la reprise du marché immobilier, qui a eu un impact direct sur les finances des communes et des départements. En 2025, les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) ont rapporté 16,1 milliards d’euros, représentant presque la moitié de l’augmentation des produits de fonctionnement des collectivités pour cette année.

Parallèlement, la baisse de l’inflation et des coûts de l’énergie a contribué à atténuer la hausse des charges de fonctionnement, bien que certaines collectivités aient dû reporter des dépenses, notamment dans le secteur de la voirie. La situation financière s’est ainsi assainie, avec un besoin de financement des collectivités à -9,3 milliards d’euros, soit une amélioration de 2,7 milliards d’euros par rapport à l’année précédente. Pour 2026, le gouvernement prévoit une réduction du déficit à -4,4 milliards d’euros, marquant une avancée significative.

Cependant, cette prévision pourrait être compromise par des incertitudes géopolitiques, notamment en raison de la guerre au Moyen-Orient. Jean-Pierre Viola, conseiller à la Cour des comptes, a souligné que les prévisions de dépenses des collectivités pourraient être trop optimistes, surtout face aux effets persistants de l’inflation.

Bien que les collectivités soient jugées en « bonne santé financière », cela s’explique en partie par l’interdiction d’utiliser l’emprunt pour financer leur fonctionnement. Les régions et départements présentent une situation moins solide par rapport aux communes et intercommunalités, qui bénéficient d’une dynamique plus favorable des impôts fonciers.

Les disparités financières demeurent préoccupantes. Près de 5.300 communes, représentant 15 % de l’ensemble, affichent une épargne brute en dessous du seuil d’alerte. De plus, seize départements se trouvent dans une situation similaire. Dans ce contexte, la Cour des comptes appelle à une « contribution significative » des collectivités pour le redressement des finances publiques.

La Cour critique également la multiplication des mesures ponctuelles qui nuisent à la lisibilité de la situation financière, ainsi que certaines mesures fiscales en contradiction avec l’objectif de réindustrialisation. Jean-Pierre Viola conclut en rappelant qu’il est essentiel que les acteurs publics s’habituent à évoluer dans un environnement où les ressources destinées aux dépenses publiques ne connaîtront pas une forte croissance.

Les collectivités locales, tout en voyant leur situation financière s’améliorer, doivent donc naviguer dans un paysage complexe marqué par des disparités internes et des incertitudes extérieures. Cette dynamique souligne la nécessité d’une gestion rigoureuse et d’une adaptation continue aux réalités économiques et géopolitiques.