Les enterrements de vie de jeune fille et garçon : entre excès et dérives, un débat s’installe

Les enterrements de vie de jeune fille (EVJF) et de jeune garçon (EVG) sont devenus des événements incontournables pour les futurs mariés. Toutefois, ces célébrations attirent de plus en plus de critiques, notamment suite à des comportements jugés irresponsables. Récemment, une touriste de 28 ans a été arrêtée à Florence pour avoir grimpé sur la fontaine de Neptune afin de toucher les parties intimes d’une statue, un acte qui illustre la dérive de certaines festivités.

EN BREF

  • 84 % des futurs mariés organisent un EVJF ou un EVG, une hausse de 10 %.
  • Les activités se diversifient, avec des budgets pouvant atteindre 400 euros par personne.
  • Les critiques pointent des excès et un manque de goût dans certaines pratiques.

Ces dernières années, les EVJF et EVG ont évolué vers des formats plus variés. Si les soirées en boîte de nuit et les déambulations déguisées sont en déclin, les festivités s’étalent désormais sur plusieurs jours, avec des activités allant des séances de spa pour les femmes aux aventures extrêmes pour les hommes. Le fondateur du Salon du mariage, Stéphane Seban, note que les participants recherchent des expériences plus mémorables et diversifiées.

Pour les femmes, les soirées autour des Chippendales sont remplacées par des sorties en limousine, des chasses au trésor ou des moments détente dans des spas. Les hommes, quant à eux, se tournent vers des activités à sensations fortes : saut en parachute, kayak, escape games et paintball sont au programme.

Cette transformation des EVJF et EVG s’accompagne d’un budget en hausse. Un tiers des Français prévoit de dépenser entre 50 et 150 euros par personne, tandis que plus de la moitié des sondés sont prêts à investir jusqu’à 400 euros pour ces événements. Cependant, ces évolutions suscitent des débats sur la nature même de ces célébrations.

Lors d’une émission sur RMC, la chroniqueuse Juliette Briens a exprimé ses réserves sur ce qu’elle considère comme des dérives du bon goût. Elle critique les déguisements humiliants et les défis vulgaires, qu’elle qualifie de « dégradants ». Pour elle, le mariage est déjà une célébration, et il est regrettable que ces événements soient parfois accompagnés de spectacles de mauvais goût.

“C’est totalement dégradant! Comme si enterrer sa vie de jeune fille consistait à se mettre en string en boîte… Tout ça est quand même pas très joli”, a-t-elle déclaré.

Elle souligne également une dimension d’égocentrisme, notant que ces festivités semblent davantage centrées sur le futur marié ou la future mariée que sur l’esprit collectif. Cependant, d’autres voix s’élèvent pour défendre ces pratiques, considérant qu’elles font partie des souvenirs de camaraderie. Pierre-Antoine, un auditeur, a partagé son expérience d’un week-end à Barcelone, pendant lequel son groupe avait loué les services d’un comédien nain déguisé en gendarme.

La frontière entre le festif et l’humiliant est souvent floue. Yael Mellul, également présente dans le débat, met en garde contre certains défis qui peuvent basculer dans l’humiliation, plaidant pour une nécessaire régulation de ces traditions. Il n’est pas rare que derrière l’esprit festif se cache une pression sociale qui peut mener à des situations délicates.

Alors que les EVJF et EVG continuent d’évoluer, la question se pose : doit-on en finir avec ces pratiques qui, bien que festives, peuvent parfois franchir la ligne du bon goût ? Il est essentiel d’engager un dialogue sur la manière dont ces événements pourraient être célébrés de manière respectueuse et mémorable.

Les critiques et les défenseurs de ces traditions s’accordent sur un point : l’importance de préserver l’esprit de camaraderie tout en évitant les dérives. La clé pourrait résider dans une meilleure sensibilisation des participants aux limites de la convivialité.