Les épices ajoutent une touche de saveur à nos plats quotidiens, mais leur classement par consommation révèle des surprises. Selon une étude menée par FranceAgriMer, le poivre ne se classe pas en première position, et la cannelle ne figure pas dans le top trois. Ce classement, qui repose sur des données récentes, met en lumière l’évolution des préférences culinaires en France.
EN BREF
- La consommation d’épices en France a augmenté de plus de 30 % en dix ans.
- Le classement des épices révèle des surprises, avec le persil en tête.
- Les jeunes privilégient des épices comme le curcuma et le gingembre.
La consommation d’épices en France a connu une croissance significative, dépassant le milliard d’euros par an. Ce phénomène est en grande partie dû à l’essor des cuisines du monde, aux régimes végétariens et à l’influence des réseaux sociaux qui promeuvent des recettes variées. Les moins de 40 ans adoptent des épices moins traditionnelles, tandis que les générations plus âgées restent fidèles à des choix plus classiques.
Un podium inattendu
Dans le classement des épices les plus consommées, le persil et les herbes de Provence dominent. Ensemble, ils atteignent plus de 12 000 tonnes consommées chaque année. Bien que le persil séché représente environ 4 000 tonnes, son mélange avec d’autres herbes lui permet de surpasser tous les autres condiments. Cette tendance est d’autant plus marquée dans les plats cuisinés industriels, où les herbes de Provence sont omniprésentes.
Le poivre, bien qu’étant un incontournable, se retrouve à la troisième place avec environ 8 000 tonnes importées chaque année. Son utilisation a évolué, se concentrant davantage sur les marinades et les charcuteries industrielles, plutôt que sur la table. Cette transformation des habitudes culinaires reflète un changement dans la manière dont les Français perçoivent et utilisent les épices.
Les surprises du classement
À la deuxième position, le curcuma émerge comme une véritable surprise, ayant vu sa consommation bondir de 180 % en huit ans, atteignant près de 9 500 tonnes par an. Reconnu pour ses propriétés anti-inflammatoires, il est désormais intégré dans de nombreux plats, allant des soupes aux boissons comme les lattes dorés.
Le gingembre, autrefois perçu comme un condiment exotique, a également vu sa popularité exploser, passant de moins de 1 500 tonnes en 2010 à plus de 4 000 tonnes aujourd’hui. Sa présence dans les thés, smoothies et pâtisseries a contribué à sa montée en flèche dans les cuisines françaises.
Une dualité culinaire
Ce classement met en lumière deux France culinaires distinctes. D’un côté, la France traditionnelle, ancrée dans l’usage des épices comme le poivre, la muscade et le persil. De l’autre, une France en pleine évolution, qui s’ouvre à des ingrédients comme le curcuma et le gingembre, influencée par des tendances alimentaires et des pratiques internationales.
La coexistence de ces deux mondes culinaires montre l’évolution des goûts et des habitudes alimentaires des Français. Les épices étrangères, jadis considérées comme exotiques, deviennent de plus en plus courantes dans les cuisines de tous les jours, transformant ainsi le paysage culinaire national.
Alors, qui aurait parié sur le persil comme numéro un des épices les plus consommées ? Une question qui, au regard des chiffres, mérite réflexion et qui illustre à quel point nos habitudes alimentaires sont en constante mutation.