Le lundi 24 juin 2024, l’administration américaine a franchi une étape significative dans ses relations avec la Syrie en retirant ce pays de la liste des États soutenant le terrorisme. Damas figurait sur cette liste depuis 47 ans, un symbole fort des tensions persistantes entre les deux nations. Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large de normalisation des relations, amorcé après la chute du dictateur Bachar al-Assad en décembre 2024.
EN BREF
- La Syrie n’est plus considérée comme un État soutenant le terrorisme par les États-Unis.
- Cette décision vise à encourager les investissements et la stabilité économique en Syrie.
- Hayat Tahrir al-Sham a également été retiré de la liste des groupes terroristes.
Ce retrait de la liste américaine, annoncé dès le début du mois de juillet, représente une avancée majeure pour la Syrie, qui cherche à attirer des investissements étrangers. Les sanctions économiques avaient constitué un frein important à la reprise de l’économie syrienne. En parallèle, plusieurs pays occidentaux, dont le Canada et le Royaume-Uni, ont également allégé ou supprimé leurs sanctions contre Damas depuis 2025, tandis que l’Union européenne avait levé les siennes en mai de la même année.
Dans un développement connexe, les autorités américaines ont retiré Hayat Tahrir al-Sham (HTS) de leur liste des principaux groupes considérés comme terroristes. Anciennement connu sous le nom de Front al-Nosra, HTS était dirigé par l’actuel président syrien Ahmad al-Chareh. Cette organisation, qui était une branche d’Al-Qaïda en Syrie, avait annoncé en 2016 la rupture de ses liens avec ce réseau terroriste.
Depuis son accession au pouvoir, Ahmad al-Chareh a exprimé son intention de dissoudre les groupes armés qui avaient contribué au renversement de Bachar al-Assad, y compris sa propre formation. Le Trésor américain a également supprimé HTS de sa liste des personnes et entités soumises à des sanctions, la SDN List, ce qui marque un changement significatif dans la politique américaine vis-à-vis de la Syrie.
Scott Bessent, le ministre américain des Finances, a déclaré que cette décision se conforme à la promesse du président Trump de donner au peuple syrien l’opportunité de réaliser de grands projets. Selon lui, les décisions prises le 24 juin favoriseront des investissements supplémentaires en Syrie, contribuant ainsi à la stabilité politique et économique du pays.
À Damas, cette annonce a été accueillie avec optimisme. Safwat Raslan, gouverneur de la Banque centrale de Syrie, a salué ce changement comme une « étape historique » qui permettra à la Syrie de retrouver sa place naturelle au sein du système économique mondial. Il a également indiqué que la Banque centrale travaillait à la construction d’un système financier moderne et fiable, symbolisant ainsi une volonté de réintégration sur la scène internationale.
Cette évolution des relations entre les États-Unis et la Syrie ouvre la voie à de nouvelles perspectives pour le pays, qui espère ainsi relancer son économie et rétablir des liens avec la communauté internationale. La fin de la désignation de la Syrie comme État soutenant le terrorisme pourrait également influencer d’autres nations dans leurs décisions concernant les sanctions et l’engagement diplomatique.