Depuis 2021, la France expérimente l’utilisation du cannabis thérapeutique, visant à soulager des patients souffrant de douleurs neuropathiques, d’épilepsies sévères, ou encore de complications liées au cancer. Cependant, cette initiative se heurte à de nombreuses idées reçues qui limitent l’accès à ce traitement. Selon une étude réalisée par Norstat pour l’association Apaiser S&C, 82 % des Français estiment que l’accès au cannabis thérapeutique est trop restreint dans le pays.
EN BREF
- Depuis 2021, la France expérimente le cannabis thérapeutique pour des pathologies graves.
- 82 % des Français jugent l’accès à ce traitement trop limité.
- Pas de cas de mésusage observés lors de l’expérimentation, selon Mado Gilanton.
Mado Gilanton, présidente de l’association Apaiser, était l’invitée du Morning sur RMC ce lundi. Elle a souligné que le cannabis thérapeutique doit être considéré comme un médicament, nécessitant une ordonnance. « Pour qu’il y ait un médicament, il faut qu’il y ait un malade », a-t-elle affirmé. Les patients concernés sont souvent ceux qui se trouvent dans une impasse thérapeutique, atteints de pathologies sévères telles que des douleurs neuropathiques ou des spasticités liées à des maladies comme la sclérose en plaques.
Depuis le début de l’expérimentation, plus de 3 200 patients ont eu accès à ce traitement. Bien que tous n’aient pas constaté une amélioration significative, 25 % des utilisateurs ont rapporté des effets secondaires, souvent moins graves que ceux causés par d’autres médicaments comme les opiacés. Gilanton a précisé que « les patients qui restent dans ce programme sont ceux qui ont vu leur qualité de vie largement améliorée ».
Un témoignage poignant a été celui de Mickaël, un auditeur de RMC, qui a évoqué son expérience avec des douleurs chroniques causées par une prothèse en polypropylène. « Les médicaments prescrits me fatiguent et me font du mal. J’aimerais avoir accès à quelque chose de naturel qui pourrait me soulager », a-t-il partagé, en mentionnant sa consommation de CBD pour tenter d’atténuer ses douleurs.
Mado Gilanton a déploré la persistance des idées reçues autour du cannabis thérapeutique, indiquant que l’expérimentation avait jusqu’à présent démontré qu’il n’y avait eu aucun cas de mésusage ou de détournement. Elle a appelé à une meilleure information et à une évolution des mentalités pour permettre un accès élargi à ce traitement, qui pourrait bénéficier à de nombreux patients en souffrance.
La question se pose donc : la France doit-elle accélérer son approche sur le cannabis thérapeutique pour répondre aux attentes de ces patients ? Les enjeux de santé publique et les réalités des souffrances quotidiennes soulèvent un débat complexe qui mérite d’être approfondi.