Les Français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, ainsi que leur collaborateur togolais Fred Vedomey, ont obtenu leur liberté provisoire après plus d’un mois de détention au Togo. Cette annonce a été faite par leur avocat ce mercredi 2 août, mettant fin à une période d’incertitude quant à leur sort.
EN BREF
- Les deux Français et leur collaborateur togolais ont été libérés provisoirement.
- Ils étaient détenus pour des accusations liées à l’utilisation d’un drone.
- Leur société de production affirme qu’ils étaient en règle lors de leur tournage.
Arrêtés fin juillet alors qu’ils réalisaient un épisode de l’émission « Les routes de l’impossible » diffusée sur France 5, les trois hommes avaient été inculpés pour « fausses déclarations ». Ils avaient été placés en détention à Lomé, la capitale togolaise, une situation qui avait suscité une large couverture médiatique.
Le premier à bénéficier d’une libération conditionnelle a été Sebastian Perez Pezzani, qui, en raison de son état de santé, a été libéré fin août sous contrôle judiciaire afin de recevoir des soins. Son passeport lui a été confisqué, ce qui limite ses déplacements.
La libération de Gaël Mocaër et Fred Vedomey, survenue le mardi soir, a été rapportée par plusieurs médias togolais et confirmée par leur avocat le lendemain matin. Ce dernier a souligné que « leur maintien en détention n’est plus nécessaire pour la manifestation de la vérité », ce qui a permis d’apaiser les tensions entourant cette affaire.
Les circonstances de leur arrestation sont préoccupantes. Les autorités togolaises les accusent d’avoir utilisé un drone dans le nord du pays, une région marquée par une situation sécuritaire fragile en raison d’attaques jihadistes. Cette accusation soulève des questions sur la liberté d’expression et de presse dans le pays.
Les ministères togolais de la Justice et de la Sécurité ont précisé que les trois hommes auraient prétendu avoir une autorisation délivrée par le ministère en charge du Tourisme. Cependant, cette autorisation, datée du 19 juin 2026, n’était valable que pour M. Vedomey Komi et était limitée à des localités spécifiques, excluant la région des Savanes où ils ont été arrêtés.
Les accusés, de leur côté, ont fermement rejeté ces accusations. Leur société de production, qui a collaboré avec eux dans ce projet, insiste sur le fait qu’ils respectaient toutes les normes en vigueur lors de leur reportage. La situation illustre les défis auxquels sont confrontés les journalistes et les équipes de tournage dans des contextes de tension politique et sociale.
Le Togo, petit pays côtier d’Afrique de l’Ouest, affiche un classement préoccupant en matière de liberté de la presse, se classant 97e sur 180 pays selon le rapport annuel de l’ONG Reporters sans frontières. Cet incident met en lumière les défis croissants auxquels les journalistes font face dans de nombreux pays d’Afrique, où la liberté d’expression est souvent menacée.
Selon des informations récentes, les deux Français devraient regagner la France dès ce mercredi soir, marquant ainsi la fin d’une période difficile pour eux et leurs familles. Le suivi de cette affaire sera crucial pour observer les implications qu’elle pourrait avoir sur la liberté de la presse au Togo et au-delà.