Liquidation judiciaire d’Air Antilles : 116 emplois supprimés après des mois de crise

Ce lundi 27 avril 2026, la compagnie aérienne Air Antilles a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre, entraînant la cessation immédiate de ses activités. Cette décision fait suite à une période d’observation durant laquelle aucune solution de redressement n’a pu être mise en œuvre, en raison d’un passif de plus de 56 millions d’euros et de pertes d’exploitation persistantes.

EN BREF

  • Air Antilles placée en liquidation judiciaire avec cessation immédiate d’activité.
  • 116 emplois sont supprimés, aucune reprise significative n’ayant été envisagée.
  • La compagnie était à l’arrêt depuis décembre 2025 en raison de problèmes de sécurité.

La liquidation judiciaire d’Air Antilles est un chapitre sombre pour le transport aérien dans les Antilles françaises. Clouée au sol depuis décembre 2025, la compagnie n’a pas réussi à convaincre le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre de la viabilité de ses offres de reprise. En effet, l’administrateur judiciaire a conclu à l’impossibilité de présenter un plan de redressement, face à une situation financière alarmante.

La situation de la compagnie était déjà critique avant cette décision. En février, Air Antilles avait été placée en redressement judiciaire, mais les efforts pour trouver un repreneur se sont avérés infructueux. L’offre la plus prometteuse, celle du consortium guadeloupéen PEWEN, ne prévoyait la reprise que de 13 des 116 salariés, insuffisante aux yeux du tribunal qui privilégie le maintien de l’emploi.

Une seconde offre, émise par la holding Karaibes Eco Rayonnance Consulting, accompagnée d’un prêt de 90 millions d’euros d’un fonds turc, a également été retirée avant la décision finale. Une troisième offre, très partielle, ne portait que sur la reprise d’un aéronef, sans aucun engagement de reprise de personnel. Cela a conduit à une impasse, et le tribunal a finalement prononcé la liquidation.

Avant d’être clouée au sol, Air Antilles assurait des liaisons entre plusieurs territoires des Antilles françaises. Avec son départ, la compagnie Air Caraïbes se retrouve en situation de monopole sur ces lignes, consolidant ainsi sa position dans le secteur aérien régional. Depuis plusieurs mois, les passagers ont dû se tourner vers Air Caraïbes pour leurs voyages, créant une dépendance croissante vis-à-vis de cette compagnie.

Les difficultés d’Air Antilles soulèvent des questions sur la résilience du secteur aérien dans les Antilles face à des crises économiques et sanitaires. Les conséquences de cette liquidation ne se limitent pas aux pertes d’emplois, mais engendrent également des répercussions sur l’économie locale, la connectivité régionale et le tourisme.

La liquidation d’Air Antilles rappelle les défis auxquels font face de nombreuses compagnies aériennes, en particulier dans un contexte de concurrence accrue et d’exigences de sécurité de plus en plus strictes. Les autorités devront maintenant réfléchir à des solutions pour garantir la continuité des services aériens et le soutien à l’économie locale, tout en préservant les emplois et en soutenant ceux qui ont été touchés par cette situation.

Alors que les passagers se tournent vers d’autres alternatives, l’avenir du transport aérien dans cette région reste incertain. Les acteurs du secteur se doivent d’évaluer leurs stratégies pour éviter que d’autres compagnies ne subissent le même sort qu’Air Antilles.