Ce samedi, l’Iran a déclaré sa décision de « fermer » le stratégique détroit d’Ormuz, en réponse aux attaques israéliennes ayant causé de nombreuses pertes humaines au Liban. Cette annonce intervient alors que des pourparlers visant à mettre fin au conflit au Moyen-Orient doivent débuter en Suisse ce dimanche.
EN BREF
- L’Iran ferme le détroit d’Ormuz après des frappes meurtrières israéliennes au Liban.
- Les forces américaines restent vigilantes, le trafic maritime continue normalement.
- Des discussions sur la fin des hostilités débutent en Suisse ce dimanche.
Le commandement central de l’armée iranienne a précisé que « le détroit d’Ormuz sera fermé au trafic maritime », une mesure qualifiée de « première réponse à la violation des engagements par l’ennemi ». Téhéran a mis en garde contre d’autres actions si nécessaire afin de contraindre Israël à respecter ses obligations contractées dans le cadre d’un protocole d’accord signé mercredi dernier.
Suite à cette annonce, le commandement américain pour le Moyen-Orient, Centcom, a réagi en affirmant que ses forces demeuraient « vigilantes ». Il a également indiqué que, malgré les tensions, les traversées du détroit d’Ormuz se poursuivaient de manière sécurisée, avec le passage de 55 navires marchands ce samedi.
Rappelons que l’Iran avait précédemment fermé cette voie maritime, par laquelle transite environ 20 % des hydrocarbures mondiaux, au début des hostilités. Ce verrouillage avait entraîné une flambée des prix du pétrole et des pénuries dans plusieurs régions. La réouverture du détroit d’Ormuz avait été un point clé du protocole d’accord irano-américain, qui vise à mettre un terme aux conflits dans toute la région, y compris au Liban.
Malgré cet accord, les affrontements se poursuivent. Au cours des deux derniers jours, des opérations israéliennes dans le sud du Liban ont causé au moins 24 morts samedi et 83 la veille. Israël, qui occupe une partie de cette région, a affirmé cibler des positions du Hezbollah en réponse à des attaques contre ses troupes.
Le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah a déclaré dans un communiqué qu’il ne tolérerait aucune tentative israélienne d’élargir son occupation, tout en affirmant son engagement en faveur d’un cessez-le-feu. Il a accusé Israël d’être « totalement responsable » des violations de la trêve. L’ambassadeur israélien aux États-Unis, Yechiel Leiter, a assuré que son pays se conformerait au cessez-le-feu, à condition que le Hezbollah en fasse de même.
Parallèlement, le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé la tenue de discussions « techniques » entre Iraniens et Américains en Suisse, en présence de représentants du Qatar et du Pakistan, qui agissent en tant que médiateurs. Islamabad a confirmé que ces pourparlers auraient lieu dimanche à Bürgenstock, près du lac de Lucerne.
Le protocole d’accord établi prévoit des négociations d’une durée de soixante jours en vue d’un accord définitif, axées sur le programme nucléaire iranien. Des discussions préparatoires auraient déjà commencé ce samedi entre diplomates, selon des sources à Berne. Néanmoins, Esmaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, a averti que le protocole initial serait « en danger » si ses dispositions n’étaient pas rapidement mises en œuvre, une allusion claire à la situation tendue au Liban.
Les événements récents soulignent la complexité des relations régionales et le risque d’une escalade des tensions. Alors que les dirigeants iraniens affichent leur détermination, la communauté internationale surveille de près l’évolution de la situation, espérant une issue pacifique au conflit.