Les négociations diplomatiques visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient rencontrent des difficultés notables. Ce mercredi 27 mai, un haut responsable des forces navales des Gardiens de la Révolution, Mohammad Akbarzadeh, a affirmé que la probabilité d’un conflit avec les États-Unis est faible en raison, selon lui, de la « faiblesse de l’ennemi ». Dans un discours virulent, il a également souligné que les forces iraniennes restent en alerte, prêtes à transformer le Golfe en un « cimetière pour les agresseurs ».
EN BREF
- Les tensions entre l’Iran et les États-Unis persistent malgré des négociations difficiles.
- L’Iran a menacé de riposter à des actes qu’il considère comme malveillants.
- Un accord potentiel pourrait permettre la libération de 24 milliards de dollars d’avoirs gelés.
Les déclarations d’Akbarzadeh interviennent à un moment où l’Iran a également accusé les États-Unis d’avoir violé un cessez-le-feu dans le sud du pays. En réaction, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a confirmé des frappes nocturnes visant des sites de lancement de missiles. Bien que Téhéran n’ait pas officiellement confirmé ces frappes, des explosions ont été rapportées par les médias d’État dans la ville portuaire de Bandar Abbas.
Parallèlement, des signes de retour à la normale émergent en Iran. Selon l’ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks, l’accès à Internet a été partiellement rétabli, et le trafic aérien a repris dans dix aéroports du pays. Malgré la cessation des frappes depuis le 8 avril, qui ont causé des milliers de morts, les négociations pour un accord de paix restent au point mort. Le verrouillage du détroit d’Ormuz par l’Iran continue d’influer sur les prix du pétrole, exacerbant les tensions.
Chris Weston, responsable de la recherche chez le courtier Pepperstone, a évoqué un « optimisme prudent » concernant la signature d’un protocole d’accord (MoU) entre les deux nations. Malgré les défis, les pourparlers ne sont pas rompus. L’agence iranienne Isna a rapporté des négociations « globalement positives » après la visite de hauts responsables iraniens au Qatar, une première depuis le début des hostilités.
Ce déplacement visait à discuter des modalités d’accès aux fonds gelés à l’étranger, dont une partie est conservée au Qatar à cause des sanctions américaines. Téhéran réclame le déblocage immédiat de 24 milliards de dollars, avec la mise à disposition de la moitié de cette somme dès l’annonce de l’accord. Ce point est crucial, comme l’est la question nucléaire, que l’Iran souhaite aborder ultérieurement.
Les États-Unis, de leur côté, restent vigilants. Ils suspectent l’Iran de tenter de développer des capacités nucléaires militaires et exigent la destruction de stocks d’uranium hautement enrichi. Cette question demeure incertaine suite à des frappes antérieures.
Dans un contexte plus large, l’ancien président Donald Trump cherche une issue à cette guerre impopulaire, qui a lourdement impacté l’économie mondiale, notamment en raison du quasi-blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole brut mondial. Si un accord est conclu, Trump pourrait le revendiquer comme un succès diplomatique, entraînant une diminution des prix du carburant et offrant à l’Iran le répit économique qu’il recherche, avant de faire des concessions sur le nucléaire.
Cependant, l’une des plus grandes incertitudes demeure l’attitude d’Israël. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a récemment annoncé une intensification des opérations militaires au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, en dépit d’un cessez-le-feu en vigueur. Des frappes récentes ont fait au moins 31 morts, selon des sources libanaises, et Israël a élargi ses opérations au-delà de la ligne jaune établie dans le sud du pays.
Alors que les négociations continuent, le spectre d’une escalade militaire plane toujours sur la région, rendant le chemin vers la paix complexe et semé d’embûches.