Nicolas Sarkozy s’exprime devant la cour d’appel sur le financement libyen de sa campagne

Ce mercredi 27 mai, Nicolas Sarkozy a prononcé ses dernières déclarations devant la cour d’appel de Paris, qui se penche sur le financement présumé libyen de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007. L’ancien président, qui maintient avoir agi en toute légalité, a exprimé son souhait d’être jugé sur les faits et non sur sa personne.

EN BREF

  • Sarkozy conteste le financement libyen de sa campagne de 2007.
  • Il a été entendu dans le cadre de son procès en appel.
  • La décision sera rendue le 30 novembre.

Dans une déclaration empreinte d’émotion, M. Sarkozy a partagé ses réflexions sur l’attente du verdict : « Je vais attendre, non pas comme un ancien président, mais comme un homme qui se demande s’il va y retourner ». Cette phrase fait référence à sa détention de vingt jours après sa condamnation en première instance.

L’accusation a requis une peine de sept ans d’emprisonnement, accusant l’ex-président d’être l’« instigateur » d’un pacte de corruption avec le régime de Mouammar Kadhafi. Les procureurs soulignent l’existence d’un financement occulte en échange de contreparties, notamment une grâce pour Abdallah Senoussi, un dignitaire libyen condamné pour des actes de terrorisme.

« Cette affaire a débuté dans le mensonge et le complot, elle doit se terminer dans la vérité et la transparence », a-t-il déclaré, refusant de nommer « les menteurs et les comploteurs » qu’il accuse. Pour lui, ce procès n’est pas simplement une affaire judiciaire, mais une question de sa vie : « Ce n’est pas un procès historique, c’est ma vie », a-t-il affirmé.

Au cours des audiences, M. Sarkozy a évoqué sa détention à la prison de la Santé, où il s’est senti « un homme comme les autres, pas différent de ses codétenus ». Il a également exprimé sa douleur face aux insinuations de l’accusation, notamment celle selon laquelle son élection en 2007 aurait été influencée par des intérêts étrangers.

Il a ironisé sur le fait que les 37 millions de Français qui ont voté n’auraient pas été trompés par des fonds de Kadhafi, qu’aucune preuve n’a pu établir dans les comptes de campagne. S’adressant au président de la cour, Olivier Géron, il a ajouté : « Je ne peux pas croire qu’en 2026, un homme soit condamné à sept ans de prison pour des faits qu’il n’a pas commis ».

Durant les onze semaines d’audience, il a décrit son expérience comme un véritable « chemin de croix », cherchant à maintenir dignité et authenticité face à des accusations qu’il juge infondées. Nicolas Sarkozy a conclu en exprimant son attachement à la France, soulignant l’importance de la vérité dans cette affaire.

La cour d’appel rendra sa décision le 30 novembre, marquant ainsi une étape cruciale dans la saga judiciaire de l’ancien président.