Le niveau d’orthographe des bacheliers suscite de vives inquiétudes au sein des universités françaises. Face à une situation alarmante, plusieurs établissements ont décidé d’instaurer des programmes de remises à niveau en français. Ces initiatives visent à pallier une « chute phénoménale » des compétences en syntaxe et en orthographe observée chez les nouveaux étudiants.
EN BREF
- Des remises à niveau en français mises en place par plusieurs universités.
- Une chute alarmante du niveau d’orthographe observée chez les bacheliers.
- Des experts soulignent l’impact de l’usage des nouvelles technologies sur la langue.
Ce jeudi 11 juin, le baccalauréat de français pour les élèves de Première a débuté, marquant le début d’une saison d’examens cruciale pour les jeunes. Toutefois, alors que l’importance de la maîtrise de la langue française est plus que jamais mise en avant, le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a d’ores et déjà annoncé un durcissement des critères de notation concernant l’orthographe pour cette session.
Alain Joyeux, président de l’association des professeurs de classes préparatoires économiques et sociales, évoque un véritable « effondrement » du niveau d’orthographe chez les élèves. Selon lui, la situation s’est dégradée au cours des trois à quatre dernières années. « Parmi les étudiants que nous recrutons, même ceux ayant obtenu des mentions ‘bien’ ou ‘très bien’ au bac, il est courant de constater entre 40 et 60 fautes d’orthographe dans leurs copies », a-t-il indiqué à Franceinfo.
Cette problématique n’est pas sans lien avec l’évolution des modes de communication. Emmanuel de Villiers, entrepreneur, évoque une « déstructuration de la langue française » due aux usages contemporains tels que les messages instantanés sur WhatsApp et les abréviations courantes dans le langage des jeunes. Il prévient que, bien que l’on puisse tenter de remédier à cette situation, l’idée de revenir à une orthographe parfaite pourrait s’avérer illusoire.
Les remises à niveau en français ne se limitent pas aux universités. Sandrine Pégand, avocate, souligne qu’il est souvent trop tard pour intervenir lorsque les étudiants arrivent en faculté. « Les parents ont également un rôle à jouer. Encourager la lecture et les échanges verbaux à la maison est essentiel pour enrichir le vocabulaire des enfants », recommande-t-elle.
Barbara Lefebvre, enseignante depuis 1998, témoigne également de cette dégringolade. Elle rappelle que les alertes sur la baisse du niveau ont été exprimées dès 2010, mais ont été souvent minimisées. Christine, formatrice indépendante, a dû ajouter des modules d’orthographe pour son public, majoritairement âgé de 20 à 60 ans. Elle déplore le niveau affligeant des fautes, allant jusqu’à des paragraphes de quinze lignes sans aucune ponctuation.
Jean-Philippe Doux, intervenant sur le plateau d’Estelle Midi, exprime son désarroi face à cette situation où des cours de rattrapage, jadis réservés aux collégiens, sont désormais nécessaires pour les étudiants. Il qualifie cette évolution de « lamentable ». En effet, le constat est partagé : le niveau d’orthographe des jeunes est en déclin, et cela soulève des questions sur les méthodes d’enseignement et les influences culturelles contemporaines.
Juliette Briens, quant à elle, avertit que l’on risque un « abrutissement en cycle » si aucune action n’est entreprise. Elle observe que des tournures de phrases telles que « je sais pas c’est qui » deviennent courantes parmi les jeunes. Baptiste Des Monstiers, parent d’élève, partage son inquiétude et souligne que, malgré les efforts de lecture de sa fille, il constate des erreurs qui lui « font mal aux yeux ».
À l’heure où la langue française fait face à de nombreux défis, il est crucial de reconnaître l’importance d’une éducation linguistique solide dès le plus jeune âge. La mise en place de programmes de remise à niveau pourrait bien être une étape nécessaire pour redresser la barre et préserver la richesse de notre langue.