Emmanuel Macron a démenti, jeudi soir, toute alerte émanant de la CIA concernant un projet d’attaque par drones russes sur le territoire français. Lors d’une interview diffusée sur France 2 et TF1, le président de la République a affirmé que l’agence américaine « n’a pas informé les services français » de la prétendue menace, contrairement à des allégations relayées par des médias étrangers.
EN BREF
- Macron réfute une alerte de la CIA sur une attaque de drones russes en France.
- Il évoque des menaces réelles tout en précisant que la France n’a jamais subi d’attaque de ce type.
- La question de la sécurité des infrastructures critiques est désormais sur la table.
Cette déclaration intervient après la publication d’un article dans le quotidien espagnol El Mundo, qui prétendait que la CIA aurait alerté plusieurs gouvernements européens, dont ceux de la France, de l’Espagne et de l’Italie, sur des attaques potentielles orchestrées par la Russie. Selon ces informations, Moscou envisagerait d’utiliser des drones Gerbera, capables d’être lancés depuis des navires marchands positionnés à 200 ou 300 km des côtes méditerranéennes, avec une portée d’environ 600 km. Des infrastructures critiques telles que des ports ou des aéroports seraient particulièrement visées.
Bien que le président Macron ait démenti l’existence d’une alerte officielle, il a néanmoins reconnu que la menace n’était pas à négliger. « La France n’a jamais été confrontée à une attaque de ce type, mais quand vous me posez la question « est-ce que ça peut arriver ? », ma réponse est oui », a-t-il déclaré, soulignant ainsi la complexité et l’évolution du contexte géopolitique actuel.
Le chef de l’État a également fait référence à une tentative d’attaque sur l’aéroport de Leipzig, en Allemagne, attribuée à la Russie, renforçant ainsi son propos sur la nécessité d’une vigilance accrue face aux menaces. Selon lui, la situation doit être appréciée dans le cadre plus large de la guerre en Ukraine, où Moscou perçoit l’Europe comme une extension de son territoire stratégique.
Cette déclaration de Macron se produit peu de temps après sa demande au gouvernement de « préparer un plan de protection de nos infrastructures critiques » contre les attaques « hybrides » russes. Lundi, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait qualifié sur BFMTV la menace liée à la « guerre hybride » russe de « réelle et documentée », avertissant contre le risque de sous-estimation de cette menace.
Le spécialiste des risques internationaux, Stéphane Audrand, a partagé son avis sur la question, indiquant qu’une attaque depuis la Méditerranée est « une possibilité ». Il a précisé que la Russie dispose désormais d’un écosystème de navires sous pavillons de complaisance et de drones capables de transporter « 5 à 10 kg d’explosifs, parfois un peu plus ». Selon lui, ces appareils pourraient cibler des installations dans les zones côtières, bien que leur détection et leur interception ne soient pas nécessairement aisées.
Dans ce contexte de tensions croissantes, la France se doit de renforcer ses mesures de sécurité afin de prévenir toute forme de menace qui pourrait émerger. La déclaration de Macron souligne une prise de conscience accrue des risques associés aux nouvelles formes de guerre, mettant en lumière la nécessité d’une vigilance collective au sein de l’Union européenne.