Manifestations : les livreurs en danger, Uber Eats et Deliveroo appelés à agir

Les récentes manifestations en France soulèvent des inquiétudes croissantes quant à la sécurité des livreurs travaillant pour des plateformes comme Uber Eats et Deliveroo. Le 17 octobre 2026, des coursiers ont été pris dans des affrontements violents, exposant ainsi les risques auxquels ils font face dans l’exercice de leur métier. Face à cette situation alarmante, le syndicat Union-Indépendants appelle les entreprises de livraison à prendre des mesures concrètes pour protéger leurs employés.

EN BREF

  • Des livreurs ont été exposés à des violences lors des manifestations du 17 octobre.
  • Le syndicat Union-Indépendants demande des mesures de sécurité pour les livreurs.
  • Uber Eats et Deliveroo doivent suspendre les commandes dans les zones à risque.

Les événements du 17 octobre, marqués par des manifestations et des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, ont mis en lumière la vulnérabilité des livreurs qui naviguent dans ces zones de tension. Selon le syndicat Union-Indépendants, de nombreux coursiers ont été « pris au milieu des affrontements », se retrouvant dans des situations dangereuses sans possibilité de se mettre en sécurité. Fabien Tosolini, délégué national du syndicat, a exprimé les préoccupations des travailleurs, soulignant qu’ils ont reçu de nombreuses remontées d’incidents similaires.

En réponse à ces événements, le syndicat a exigé que les plateformes de livraison, telles qu’Uber Eats et Deliveroo, mettent en œuvre des mesures de sécurité pendant les manifestations. Parmi les demandes formulées, il est proposé que les livreurs aient la possibilité d’annuler les commandes sans pénalité dans les zones où leur sécurité est compromise. De plus, ils réclament une compensation financière pour les pertes de revenus occasionnées par ces annulations.

Les syndicats appellent également à la responsabilité des restaurateurs et des clients, les incitant à éviter de solliciter des livraisons dans des périmètres à risque. Selon eux, il est essentiel que les plateformes de livraison suspendent temporairement les commandes dans ces zones pour protéger les travailleurs.

En effet, Deliveroo a déjà pris des mesures temporaires en suspendant sa plateforme dans certaines zones de Paris durant les manifestations des 17 et 18 octobre, afin de préserver la sécurité de ses livreurs et utilisateurs. Parallèlement, le groupe a affirmé avoir contacté les livreurs touchés par des violences et a mis en place un système de compensation pour les commandes non livrées.

Uber Eats a également réagi, indiquant avoir informé ses livreurs des mesures de sécurité mises en place par les autorités. La société a rappelé que les livreurs ont la liberté de refuser des commandes sans que cela n’affecte leur accès à la plateforme. Ils sont également encouragés à signaler toute situation à risque.

Les récentes statistiques de l’autorité de régulation indiquent qu’en 2024, la France comptait environ 122 000 travailleurs indépendants de plateformes, dont 71 000 livreurs. La discussion autour de la sécurité de ces travailleurs est donc d’une importance cruciale, non seulement pour leur bien-être, mais aussi pour la pérennité du modèle économique des plateformes de livraison.

Alors que les manifestations continuent d’affecter diverses villes françaises, la réponse des entreprises de livraison sera déterminante pour assurer la sécurité de leurs coursiers. L’éventualité d’un « acte II » des Gilets jaunes, prévu le 24 octobre, suscite des craintes supplémentaires, faisant planer des doutes sur l’avenir des livraisons durant ces périodes de troubles.

Les acteurs concernés doivent maintenant collaborer pour trouver des solutions viables et sécuritaires, afin de garantir le bon fonctionnement de la livraison tout en protégeant la vie de ceux qui en dépendent.