Ce lundi après-midi, la 17e chambre correctionnelle de Paris a accueilli Marie Portolano pour une audience en diffamation, tandis que son accusateur, Pierre Ménès, était absent. Cette situation a suscité un climat particulier, teinté d’ironie et de tensions. Portolano, souriante, a mimé des menottes à l’arrivée, dénonçant ainsi l’absurdité de sa position de prévenue face à celui qu’elle accuse d’agression sexuelle.
EN BREF
- Marie Portolano comparaît seule pour diffamation contre Pierre Ménès.
- L’absence de Ménès a ajouté une tension particulière à l’audience.
- Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 4 novembre 2023.
Marie Portolano, présentatrice de l’émission La Maison des Maternelles sur France 2, se retrouve au cœur d’une bataille judiciaire complexe. Ce procès, qui s’inscrit dans le cadre d’une accusation d’agression sexuelle à l’encontre de Pierre Ménès, prend une tournure inattendue. Alors qu’elle se défend contre les accusations de diffamation, elle rappelle que c’est elle qui a subi des comportements inappropriés.
Lors de cette audience, son avocat, Me Christophe Bigot, a souligné l’« inversion des rôles », mettant en lumière la stratégie de Ménès qui, en se constituant partie civile, semble vouloir se placer en victime. Cette situation a été exacerbée par l’absence de Ménès, qui avait un rendez-vous médical à Rennes, rendant la confrontation directe impossible.
Les faits remontent à la publication du livre Je suis la femme du plateau, publié en mars 2024, où Portolano évoque des comportements inappropriés sans nommer explicitement Ménès. Pierre Ménès, âgé de 63 ans, a choisi de porter plainte pour diffamation en s’appuyant sur deux passages de l’ouvrage, qu’il juge préjudiciables pour son image.
Le premier passage mentionne un homme ayant abusé de son pouvoir, tandis que le second affirme qu’il « avoue qu’il l’a fait ». La nature de ces accusations a créé un contexte tendu, où les rôles semblent inversés : l’accusateur devient accusé et vice versa.
Portolano a également rappelé des incidents précis où Ménès aurait eu des comportements inappropriés, notamment lors d’une émission de football en 2016. Elle a décrit comment il aurait soulevé sa jupe et touché ses fesses, un acte qui, selon elle, a été suivi d’une gifle de sa part, avant qu’elle ne décide de quitter le plateau.
Cette affaire, qui prend racine dans un documentaire de 2021, met en lumière des problématiques plus larges de la condition féminine dans le milieu médiatique. Portolano a insisté sur le fait que son intention n’était pas de stigmatiser Ménès mais de dénoncer une culture du silence qui entoure souvent les agressions sexuelles.
Le tribunal, après deux heures d’audience, a décidé de mettre sa décision en délibéré, avec une nouvelle audience prévue pour le 4 novembre 2023. Ce délai est particulièrement significatif, car il précède de peu un autre procès de Ménès pour des faits d’agression sexuelle qui lui sont reprochés, prévu le 16 novembre au tribunal de Nanterre.
Les enjeux de cette affaire dépassent le cadre judiciaire et touchent à des questions sociétales fondamentales, telles que le traitement des accusations d’agression sexuelle et la manière dont elles sont perçues par l’opinion publique. Les deux protagonistes se retrouveront donc bientôt dans un nouvel affrontement judiciaire, avec des conséquences qui pourraient s’étendre bien au-delà de la salle d’audience.