La tension monte entre le Rassemblement national (RN) et le président du Conseil constitutionnel, Richard Ferrand. Ce mercredi 14 octobre 2026, depuis Bruxelles, Marine Le Pen, candidate à la présidentielle, a demandé à Ferrand de « quitter la tête » de l’institution après ses critiques sur la proposition phare du RN concernant une révision constitutionnelle par référendum.
EN BREF
- Marine Le Pen exige la démission de Richard Ferrand du Conseil constitutionnel.
- Ferrand critique la proposition du RN de modifier la Constitution par référendum.
- Le RN défend son projet en invoquant l’article 11 de la Constitution.
Les relations entre le RN et le Conseil constitutionnel semblent se détériorer. Richard Ferrand, en s’opposant à la possibilité de réformer la Constitution par l’article 11, a rompu la neutralité qui est la sienne en tant que président de l’institution. Dans un podcast récent, il a déclaré que vouloir changer la Constitution par cet article était impossible, insistant sur le fait que la bonne procédure est régie par l’article 89. Cette réaction a déclenché la colère de Marine Le Pen.
La candidate du RN a qualifié les arguments de Ferrand d’« indigents » et l’a exhorté à se référer à l’histoire, en rappelant que le général de Gaulle s’était appuyé sur l’article 11 en 1962 pour organiser un référendum sur l’élection du président de la République au suffrage universel. Cette référence à un moment clé de l’histoire politique française vise à souligner la légitimité de son projet.
Pour Marine Le Pen, la question de la modification de la Constitution est cruciale. Elle a réaffirmé que si les Français souhaitent changer leur Constitution, « personne ne peut les empêcher ». Cette position renforce l’idée du RN selon laquelle le Conseil constitutionnel ne doit pas se dresser comme un obstacle face aux décisions populaires.
Jean-Philippe Tanguy, un autre membre éminent du RN, a également réagi aux propos de Ferrand, confirmant que le parti attire parfois des éléments extrêmes, mais insistant sur le fait que ces accusations ne doivent pas occulter le débat légitime sur la révision constitutionnelle. La tension entre les deux camps pourrait s’intensifier à mesure que la campagne présidentielle progresse.
Il est clair que la demande de démission de Marine Le Pen ne se limite pas à une simple querelle politique. Elle s’inscrit dans un contexte plus large, où le RN tente de remettre en question l’autorité des institutions tout en cherchant à galvaniser son électorat autour de la souveraineté populaire. Cette dynamique pourrait avoir un impact significatif sur les prochaines élections et sur la perception du rôle du Conseil constitutionnel dans le paysage politique français.
Le débat sur la révision constitutionnelle et le rôle du Conseil constitutionnel est donc loin d’être clos. Les positions se cristallisent et les tensions entre le RN et ses opposants ne manqueront pas d’alimenter les discussions à l’approche de la présidentielle. Richard Ferrand, en tant que président de cette institution clé, se retrouve au cœur d’une controverse qui pourrait influencer le cours de la politique française.