À l’approche de son jugement en appel, Marine Le Pen, cheffe de file du Rassemblement national (RN), a exprimé son inquiétude quant à sa capacité à mener une campagne électorale pour la présidentielle de 2027. Le verdict de la cour d’appel, prévu pour le 7 juillet 2026, pourrait en effet conditionner sa participation à l’élection. La candidate a affirmé qu’il lui serait « impossible » de faire campagne avec un bracelet électronique.
EN BREF
- Marine Le Pen sera jugée le 7 juillet 2026 pour inéligibilité.
- Elle juge impossible une campagne présidentielle sous bracelet électronique.
- Jordan Bardella, président du RN, se prépare à la succession si nécessaire.
Lors d’une interview diffusée sur LCI, Marine Le Pen a réaffirmé sa détermination à ne pas renoncer à ses ambitions politiques, malgré les menaces juridiques qui pèsent sur elle. « Quoi qu’il arrive je ne serai pas morte, quoi qu’il arrive je continuerai à mener le combat pour mes idées », a-t-elle déclaré. Cette déclaration souligne son attachement à la présidentielle, qu’elle considère comme un « devoir supérieur à l’égard de son pays ».
Confrontée à une condamnation en première instance de cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds dans l’affaire des assistants parlementaires européens, Marine Le Pen attend désormais le jugement de la cour d’appel. Si cette peine est confirmée, elle ne pourra pas se porter candidate. Dans le cas contraire, une réduction de sa peine à deux ans ou moins pourrait lui permettre de participer à l’élection.
Le poids de la décision judiciaire est immense. Elle a souligné que, même si elle était déclarée éligible, le port d’un bracelet électronique serait un frein à sa capacité à mener une campagne efficace. « S’il s’agit de m’autoriser à être candidate, mais de m’empêcher en réalité de mener une campagne tout à fait librement, vous entendez bien que ça ne sera pas possible », a-t-elle insisté.
Dans ce contexte, Jordan Bardella, président du RN et potentiel successeur de Marine Le Pen, se tient prêt à prendre la relève. Il est conscient des enjeux, même s’il fait face à ses propres accusations d’emploi fictif et de dépenses irrégulières, qui pourraient compliquer sa campagne. « Je ne crois plus au hasard » concernant les procédures judiciaires qui surviennent proches des échéances électorales, a affirmé Marine Le Pen, exprimant son scepticisme face à ces coïncidences.
En parallèle, Marine Le Pen doit également gérer les relations internes au parti et rassurer ses soutiens quant à sa volonté de laisser une certaine liberté à son dauphin. « Je laisse Jordan absolument, totalement libre », a-t-elle déclaré, se démarquant ainsi des dynamiques familiales qui avaient marqué sa propre ascension au sein du RN.
La pression est forte à l’approche du jugement. Marine Le Pen, dotée d’une « peau un peu dure », se dit « calme et sereine » face à ce défi. Elle reste déterminée à poursuivre son combat politique, affirmant que la peur ne fait pas partie de son vocabulaire. « Quand on mène un combat comme je l’ai mené, la peur n’a pas sa place », a-t-elle conclu, affichant ainsi sa résilience face à l’adversité.