Dans le deuxième épisode de la série « Profession profileuse », diffusé ce dimanche, Audrey Renard évoque une affaire qui l’a profondément marquée : le meurtre de la petite Océane, survenu en 2011. À l’époque, elle effectue son premier travail en tant qu’analyste comportementale en chef, un moment qui restera gravé dans sa mémoire.
EN BREF
- Audrey Renard se remémore l’enquête sur le meurtre d’Océane, une fillette de huit ans.
- Des tests ADN massifs ont été réalisés pour identifier le suspect dans cette affaire tragique.
- Nicolas Blondiaux a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour son crime.
Le 6 novembre 2011, un dimanche qui débute comme les autres, Audrey Renard reçoit un appel qui va bouleverser sa carrière. Elle est sollicitée pour participer à l’enquête sur le meurtre d’Océane, une fillette de huit ans dont le corps vient d’être retrouvé à Bellegarde, dans le Gard. À l’époque, elle est encore novice dans le domaine de la profileuse, mais cette affaire va rapidement devenir un tournant pour elle.
La première étape cruciale de son enquête est l’autopsie de la jeune victime, un processus difficile qui dure toute une journée. Quinze ans plus tard, elle se souvient encore des détails éprouvants de cette expérience. « C’est particulièrement éprouvant. Je crois que j’en ai encore un peu des frissons et je crois que ce sera toujours le cas toute ma carrière », confie-t-elle.
Les résultats de l’autopsie révèlent des indices significatifs, mais la piste d’un prédateur sexuel ne convainc pas la profileuse. Au contraire, elle soupçonne que le coupable pourrait appartenir à la communauté locale. Un élément majeur se présente alors : un échantillon d’ADN. Les enquêteurs prennent alors la décision audacieuse de soumettre tous les hommes de la commune à des tests génétiques. « L’idée derrière, c’était de mettre un gros coup de pression », explique Audrey Renard.
Cette stratégie s’avère payante. Les réactions des suspects, notamment les hésitations d’un homme en particulier, laissent penser qu’il pourrait être impliqué. « Probablement, l’intention initiale était l’agression sexuelle et cela a fini en homicide dans le cadre d’une escalade criminelle », analyse-t-elle.
La profileuse suppose que le coupable éprouve des remords et se trouve sous forte pression psychologique. Cette intuition se confirme lorsque, finalement, une femme appelle les gendarmes pour dénoncer son mari, qui ne s’est pas présenté pour le prélèvement de masse. « Il était prostré chez lui, très sensible à la pression que nous avions mise », raconte Audrey. Ce mari, Nicolas Blondiaux, finit par avouer son crime. Il est condamné à la peine la plus sévère : la réclusion criminelle à perpétuité incompressible, un verdict rare en France.
Audrey Renard, à travers son récit, met en lumière non seulement les techniques d’enquête mais aussi l’impact émotionnel que ces affaires ont sur les enquêteurs. Son expérience est retracée dans le podcast « Profession profileuse », mais également dans le livre qu’elle a coécrit avec Christophe Dubois, intitulé « Profileuse », publié aux Éditions Albin Michel.
Ce témoignage poignant rappelle à quel point la profession de profileuse est à la fois fascinante et éprouvante, mêlant analyse psychologique et immersion dans des drames humains. « Profession profileuse » est une série à retrouver sur le site de Franceinfo ainsi que sur plusieurs plateformes de podcast comme Apple Podcasts, Spotify ou Deezer.
Dans un monde où la criminalité peut sembler insurmontable, le travail des profileurs comme Audrey Renard offre une lueur d’espoir et de compréhension dans l’obscurité des crimes les plus tragiques.