Les règles hémorragiques, ce problème de santé tabou, affectent silencieusement de nombreuses femmes. Marion, 36 ans, en est un exemple frappant. Depuis son adolescence, elle doit composer avec des saignements anormaux qui perturbent son quotidien pendant une semaine et demie chaque mois.
EN BREF
- 40 % des femmes menstruées souffrent de règles abondantes, un sujet peu abordé.
- Marion, atteinte de règles hémorragiques, a réorganisé sa vie autour de ce problème.
- Un traitement à base d’acide tranexamique a amélioré considérablement sa qualité de vie.
Selon un sondage Ipsos-BVA, 40 % des femmes menstruées déclarent souffrir de règles abondantes, dont 8 % parlent de flux hémorragique. Ce sujet, souvent évité, prend une place considérable dans la vie de celles qui en souffrent, engendrant douleurs et angoisses. Marion, une responsable juridique du Nord, raconte son calvaire. « Pendant mes règles, je dois me changer quasiment toutes les heures », explique-t-elle. « Je crains de me tâcher ou de salir le siège de ma voiture. »
Marion a toujours eu un flux abondant, mais la situation s’est aggravée avec ses traitements de procréation médicalement assistée (PMA). « Les protections hygiéniques ne suffisent pas. Les culottes menstruelles, les tampax… rien ne fonctionne correctement pour moi », ajoute-t-elle. Ce stress constant de devoir gérer ses règles impacte non seulement sa vie quotidienne, mais aussi sa vie professionnelle.
« J’essaye de travailler à domicile durant mes règles pour ne pas avoir à me changer constamment. Mais ce n’est pas toujours possible », confie-t-elle. Cette situation lui impose de fréquents allers-retours aux toilettes, ce qui est particulièrement difficile dans son environnement de travail majoritairement masculin. « Dire que je dois rentrer chez moi à cause de mes règles, c’est impensable », déplore-t-elle.
Le Dr Mélanie Alejos Alonso, médecin échographiste spécialisée en gynécologie, précise que les règles abondantes, ou ménorragies, sont souvent sous-estimées. « Pour qu’un cycle soit considéré comme anormalement abondant, il doit durer plus de sept jours, ou nécessiter plus de cinq protections hygiéniques par jour », explique-t-elle. Les symptômes, tels que des caillots sanguins ou des fuites, doivent également être pris en compte.
Les conséquences des règles abondantes peuvent être graves. Marion les décrit comme un véritable handicap, impactant sa vie sociale et familiale. « Lors d’un séminaire, je n’ai pas osé sortir le soir par peur de me tacher. En vacances, je ne vais pas à la piscine, restant sur le côté », témoigne-t-elle. Les douleurs physiques sont également présentes : « Mon utérus se contracte si fort que je suis pliée en deux. »
Pour soulager ces douleurs, Marion a été soumise à divers traitements, mais peu d’entre eux ont fonctionné. C’est grâce à une amie qu’elle découvre un médicament à base d’acide tranexamique, un anti-hémorragique. « J’étais sceptique au départ, mais cela a drastiquement diminué mon flux », raconte-t-elle. « Je ne me suis pas tachée depuis un bon moment. J’ai pu porter des vêtements clairs sans crainte. »
Ce traitement, bien que peu prescrit, est remboursé sous ordonnance et peut être une solution efficace pour les femmes souffrant de règles hémorragiques. « Il est crucial que les femmes sachent qu’il existe des solutions et qu’elles ne sont pas seules », souligne le Dr Alejos Alonso.
En conclusion, le témoignage de Marion illustre une réalité que beaucoup de femmes vivent en silence. La sensibilisation autour des règles hémorragiques et la recherche de traitements adaptés sont essentielles pour améliorer leur qualité de vie. Il est impératif de ne pas banaliser ces symptômes et de chercher une prise en charge adéquate.