À 61 ans, Mathilda May, l’actrice française au parcours riche, se livre sans détour sur ses débuts au cinéma. Alors qu’elle s’illustre actuellement dans l’écriture et la mise en scène de son spectacle Cut ! Des histoires et des vies, présenté à La Scala à Paris du 5 au 14 novembre 2026, elle revient sur un chemin souvent semé d’embûches, marqué par la recherche de sa véritable place dans le monde artistique.
EN BREF
- Mathilda May partage son parcours artistique et ses réflexions sur la reconnaissance.
- Elle se sent enfin à sa place après des années d’incertitude.
- Actuellement, elle présente son nouveau spectacle à Paris.
Mathilda May a connu un tournant décisif dans sa carrière il y a une quinzaine d’années. Lors d’une représentation avec Pascal Légitimus, elle a réalisé l’importance du théâtre non verbal. En évoquant sa trajectoire, elle admet : « Je pense que nous sommes beaucoup de femmes à douter de notre légitimité. » Ce constat, partagé par de nombreuses artistes, a résonné profondément avec elle, l’incitant à s’engager pleinement dans l’écriture et la mise en scène.
« Il m’a fallu attendre d’avoir presque 50 ans pour m’autoriser à écrire. Quel temps perdu ! » Ces mots traduisent le cheminement de Mathilda, qui reconnaît avoir failli passer à côté de sa vocation. L’actrice se montre reconnaissante de pouvoir enfin s’exprimer artistiquement à travers son propre prisme, après avoir été longtemps confinée dans des rôles qui ne reflétaient pas sa véritable essence.
En effet, son parcours au cinéma débute dans le film Nemo d’Arnaud Sélignac, une expérience qu’elle évoque avec une certaine distance : « C’est une autre vie qui me semble bien lointaine. » Elle a partagé l’écran avec des figures emblématiques telles que Carole Bouquet et Michel Blanc, ainsi que des réalisateurs de renom comme Georges Lautner et Claude Chabrol. Pourtant, elle se définit comme « connue mais pas reconnue », une phrase qui résume son sentiment de ne pas avoir reçu la pleine reconnaissance qu’elle estimait mériter, malgré son César du meilleur espoir féminin pour Le Cri du hibou en 1988.
Mathilda May ne se contente pas de revendiquer son espace ; elle souhaite également ouvrir la voie à d’autres femmes dans le milieu artistique. « Autant d’autres actrices auraient pu me remplacer, autant ce que je construis comme auteure et metteuse en scène, il n’y a que moi qui puisse le faire, » affirme-t-elle avec conviction. Cette singularité, fruit de ses passions et de son expérience, la pousse à continuer d’explorer de nouveaux horizons.
En parallèle de son spectacle, Mathilda May ne délaisse pas le cinéma. Elle est actuellement en préparation de deux courts-métrages et d’un long-métrage, témoignant ainsi de son désir de diversifier son activité artistique tout en restant fidèle à ses racines théâtrales.
Dans un monde où la reconnaissance peut être fugace, Mathilda May se démarque par sa résilience et sa détermination à écrire son propre récit. Elle incarne une génération d’artistes qui, malgré les obstacles, parviennent à s’affirmer et à s’épanouir dans un milieu souvent difficile d’accès. Son parcours, teinté de réflexions sur la légitimité et la reconnaissance, inspire et rappelle que chaque voix mérite d’être entendue, et que le temps peut être un allié précieux dans la quête de son identité artistique.