Matthieu Lartot, journaliste sportif de 43 ans, partage des réflexions poignantes sur la peur qui l’habite en tant que père, après avoir fait face à deux cancers. Dans un entretien révélateur accordé à Paris Match, il parle de la culpabilité qui l’accompagne, redoutant d’avoir pu transmettre à ses enfants, Noah et Jeanne, une prédisposition génétique à la maladie.
EN BREF
- Matthieu Lartot évoque sa culpabilité de père face à ses cancers.
- Il redoute de transmettre une prédisposition génétique à ses enfants.
- Sa famille a vécu différemment sa maladie, entre soutien et distance.
Après avoir été diagnostiqué d’un premier cancer à l’âge de 17 ans, Matthieu Lartot a dû faire face à une récidive qui a conduit à l’amputation de sa jambe droite. Ce parcours difficile l’a amené à ressentir une lourde culpabilité. « J’ai peut-être donné ce gène-là à mes enfants », confie-t-il, exprimant une inquiétude qui le ronge. Son fils Noah, 20 ans, et sa fille Jeanne, 15 ans, sont au cœur de ses préoccupations.
Le journaliste souligne que les avancées en onco-génétique permettent aujourd’hui de détecter des prédispositions héréditaires. Toutefois, il respecte le choix de ses enfants quant à cette démarche. Noah a décidé de ne pas passer le test pour l’instant, tandis que Jeanne, mineure, pourra le faire si elle en ressent le besoin. Cette décision, souligne-t-il, est profondément personnelle et chaque membre de la famille doit avancer à son propre rythme.
La peur de la transmission ne l’a jamais quitté. Lors de l’entretien, Matthieu Lartot aborde également l’impact de sa maladie sur sa famille. Sa femme, Magali, a été son principal soutien durant ces épreuves. Leur fille Jeanne a fait preuve d’une grande présence, l’accompagnant lors de ses hospitalisations et durant sa rééducation. En revanche, son fils Noah a choisi de prendre de la distance, ne supportant pas de voir son père affaibli par les traitements. « Il ne supportait pas l’idée de me voir en chimiothérapie », explique-t-il avec une sincérité touchante.
C’est au cours du tournage de son documentaire Ce qui nous tient debout, réalisé avec Anouk Burel pour France Télévisions, que Matthieu a trouvé l’opportunité d’exprimer ces émotions. Il décrit ce projet comme une façon de briser le tabou autour de sa maladie. « Pour mon fils, ma maladie, c’était un tabou, mais le film a provoqué une libération de la parole », dit-il. Cet exposé de ses expériences révèle que le cancer ne touche pas seulement un individu, mais affecte toute la famille, avec ses propres peurs, silences et parfois réconciliations.
Matthieu Lartot, à travers ce témoignage, met en lumière une réalité souvent méconnue : les maladies graves peuvent créer des fissures mais aussi des occasions de rapprochement au sein des familles. En partageant son histoire, il espère sensibiliser sur l’importance de la communication et du soutien mutuel face aux épreuves.