Ce mardi 13 octobre, les lycéens français ont de nouveau manifesté en nombre dans plusieurs villes du pays, marquant un véritable retour en force du mouvement de mobilisation. Les chiffres varient considérablement selon les sources, témoignant d’une dynamique qui semble s’accélérer depuis quelques jours.
EN BREF
- Mobilisation de 161 500 personnes selon le ministère de l’Intérieur.
- L’intersyndicale revendique environ 480 000 manifestants en France.
- Les lycéens expriment des inquiétudes concernant le manque d’enseignants.
Les autorités ont rapporté qu’un total de 161 500 personnes ont défilé à travers la France, dont 41 500 à Paris. En revanche, l’intersyndicale des organisations étudiantes et lycéennes fait état d’environ 480 000 participants, illustrant un écart significatif entre les deux évaluations. Néanmoins, un point est clair : ce cinquième acte de mobilisation révèle un regain d’intérêt et de détermination parmi les jeunes.
Lors de l’acte IV, qui a eu lieu jeudi dernier, le ministère avait comptabilisé environ 71 000 manifestants, tandis que la CGT évoquait plus de 130 000 personnes dans les rues. Les chiffres des actes précédents montrent aussi une fluctuation, avec 450 000 participants lors de l’acte III selon les organisateurs, et 256 000 selon les autorités.
Les revendications des lycéens demeurent constantes. Ils réclament des emplois du temps mieux organisés, dénoncent l’état vétuste de certains établissements et se montrent particulièrement inquiets face aux absences de professeurs. « J’ai le bac cette année et toujours pas de prof d’anglais et physique-chimie depuis la rentrée », témoigne Lise, une élève de terminale au Kremlin-Bicetre, qui a participé à la manifestation à Paris. « Encore pire, je connais une classe de terminale qui n’a pas de prof de philo », ajoute-t-elle, affichant une colère partagée par de nombreux étudiants.
Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale, a annoncé un plan visant à redéployer en urgence 3 000 enseignants titulaires dans les lycées les plus touchés par les absences. Toutefois, cette annonce n’a pas suffi à apaiser la colère des lycéens et enseignants mobilisés depuis près d’un mois. Adeline Ferier, enseignante en lettres et membre du syndicat Snes-FSU, a exprimé son scepticisme : « On ne peut pas avoir un budget avec 1 500 postes en moins et faire semblant de sortir 3 000 postes de son chapeau ».
Selon des sources policières, 360 actions ont été recensées ce jour-là, avec des blocages dans une cinquantaine d’universités et plusieurs dizaines de lycées. Des villes comme Angoulême, Annecy, Mulhouse et Nancy ont également été touchées par ces mobilisations. La militante écologiste Greta Thunberg a fait le déplacement pour soutenir les manifestants devant le lycée Paul-Eluard de Saint-Denis, un lieu symbolique de cette mobilisation.
Alors que les vacances de la Toussaint approchent à grands pas, l’avenir du mouvement demeure incertain. Des organisations étudiantes et lycéennes ont d’ores et déjà appelé à rejoindre la relance de la mobilisation des gilets jaunes prévue pour ce samedi 17 octobre. Cette convergence des luttes pourrait donner une nouvelle impulsion à leur mouvement.
Les lycéens semblent donc déterminés à faire entendre leur voix, malgré les obstacles. La poursuite de cette mobilisation témoigne d’un besoin urgent de réformes et de réponses concrètes aux problèmes rencontrés dans le système éducatif français.