Les pompiers français expriment leur mécontentement à travers une grève qui débute ce mardi et se poursuivra jusqu’au 20 octobre. Les neuf syndicats représentatifs, dont huit sont unis en intersyndicale, réclament des moyens financiers, matériels et humains, ainsi qu’un recentrage de leurs missions. Cette mobilisation survient dans un contexte inédit, marqué par des incendies d’une virulence sans précédent depuis juin, tout en continuant d’assurer les secours quotidiens aux personnes.
EN BREF
- Grève des pompiers lancée pour obtenir des moyens supplémentaires.
- Engagement jusqu’au 20 octobre, avec une manifestation prévue le 29 septembre.
- Demandes incluent des embauches et reconnaissance du métier comme dangereux.
Le choix de la date de début de ce mouvement n’est pas fortuit. Les syndicats vont se réunir à 11 heures au ministère de l’Intérieur pour discuter des premiers chapitres d’un projet de loi de modernisation de la Sécurité civile. Ce texte, élaboré lors de la concertation de Beauvau, est attendu depuis plus de 20 ans, et les attentes sont élevées. Cependant, certains représentants syndicaux, comme Sébastien Delavoux de la CGT, tempèrent cet optimisme en signalant que la loi ne devrait pas inclure de mesures structurelles, notamment concernant le financement des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS).
Actuellement, plus de cinq milliards d’euros du budget des SDIS proviennent des collectivités territoriales, majoritairement des départements, ce qui crée de grandes disparités en fonction des territoires. Les pompiers souhaitent également que leur métier soit reconnu comme dangereux, un point soulevé par Xavier Boy, porte-parole de l’intersyndicale. Cela s’inscrit dans une volonté plus large de reconnaissance et d’amélioration des conditions de travail.
En matière de ressources humaines, l’intersyndicale exige l’embauche de 21 000 professionnels, un chiffre basé sur un rapport de l’Inspection générale de l’administration (IGA) de 2025, qui souligne le besoin urgent de postes supplémentaires, actuellement occupés par des pompiers volontaires. Ce besoin est d’autant plus pressant que, depuis 2002, le nombre d’interventions a augmenté de plus de 30 %, et que le secours d’urgence aux personnes représente désormais 87 % des missions des pompiers, contre 59 % auparavant.
Les pompiers, bien que mobilisés, ont assuré que leur grève n’aura pas d’impact sur les secours, des réquisitions étant possibles pour garantir la continuité des services. À travers cette grève, ils entendent faire entendre leurs revendications et attirer l’attention sur l’état critique de leurs conditions de travail et l’importance croissante de leur rôle dans la société.
Ce mouvement de grève, qui s’étalera jusqu’à la fin du mois d’octobre, pourrait marquer un tournant dans la reconnaissance des pompiers en tant qu’acteurs essentiels du système de secours public. Les prochains jours seront donc cruciaux, tant pour les pompiers que pour le gouvernement, qui devra répondre à ces demandes pressantes.