Lors d’une randonnée en Ardèche, un marcheur a subi une douleur aiguë à la cheville, accompagnée de deux petits points rouges et d’un gonflement de la jambe. Ce type d’incident, qui peut survenir entre avril et septembre, est fréquent en France, où plusieurs centaines de morsures de serpents sont recensées chaque année. Face à une telle situation, beaucoup de randonneurs se précipitent pour utiliser une pompe à venin, comme l’Aspivenin, considérée comme un indispensable de la trousse de secours. Cependant, les médecins urgentistes et les Centres antipoison alertent sur les dangers de cet outil, qui pourrait aggraver les blessures plutôt que d’apporter un soulagement.
EN BREF
- Chaque année, environ 1 000 morsures de vipères sont signalées en France.
- Les pompes à venin sont jugées inefficaces et même dangereuses par les urgentistes.
- En cas de morsure, il est crucial de suivre des gestes simples et d’appeler les secours.
Les vipères aspic et péliade sont les principales espèces venimeuses présentes en France métropolitaine. Dans près de la moitié des cas de morsure, il ne se produit aucun injection de venin, un phénomène connu sous le nom de morsure sèche. Lorsqu’un venin est inoculé, les symptômes peuvent inclure des douleurs intenses, un gonflement important et une rougeur qui se propage sur le membre touché. D’autres effets secondaires tels que des nausées, des vomissements et des difficultés respiratoires peuvent survenir dans les heures qui suivent.
La pompe à venin, dont le principe repose sur l’idée d’aspirer le venin, est perçue par les randonneurs comme une solution rassurante. Pourtant, des études révèlent que cet appareil n’a pratiquement aucune efficacité dans l’extraction du venin, qui se propage dans le système lymphatique en moins de trois minutes. Au lieu de retirer les toxines, la pompe aspire principalement du sang et des liquides, pouvant même concentrer les toxines dans la zone de la morsure et provoquer une nécrose des tissus.
Les recommandations des urgentistes sont claires : en cas de morsure de serpent, il est essentiel de garder son calme et de s’éloigner de l’animal. Il convient ensuite d’appeler les services d’urgence, en décrivant avec précision l’emplacement et les symptômes. La victime doit rester allongée, au repos, avec le membre mordu immobilisé et légèrement surélevé. Il est également conseillé de retirer les bagues, montres et chaussures, de nettoyer la plaie à l’eau et au savon, puis de la désinfecter et de la couvrir avec un linge propre.
Pour apaiser la douleur, seul le paracétamol est recommandé. Il est interdit d’utiliser de l’aspirine, des anti-inflammatoires, ou des remèdes comme l’alcool, le thé ou le café. Il est également formellement déconseillé d’appliquer un garrot, un bandage compressif, de la glace, d’inciser la plaie, ou d’utiliser des kits anti-venin ou des pompes à venin. Une trousse de secours appropriée pour la randonnée devrait inclure des éléments tels que du savon, un antiseptique, des compresses, des bandes souples, du paracétamol, une couverture de survie, et, pour les personnes allergiques, un stylo d’adrénaline. En cas de besoin, l’hôpital pourra administrer un sérum comme le Viperfav.
En conclusion, il est crucial que les randonneurs soient informés des risques liés aux morsures de vipères et des gestes appropriés à adopter en cas d’accident. La prudence et la connaissance des bonnes pratiques peuvent sauver des vies et éviter des complications sérieuses.